La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

190 LA REVliE SOCIALISTE -------------------------- co1waincu, et je voudrais \·oir chez tous la rnèmc ardeur déployée dans la recherche, hélas! bien difficile de la Yérité. Aussi Yous ai-je toujours suivi :1\'CCun n':ritablc et sérieux intérêt, toujours heureux de Y0USlire et de tr0u\·cr dans \'OStra\·aux· des éléments de discussion intime et de réflexions utiles. Malhcurcuscrncnt, je ne suis pas arrivé, comme Yous, à la conscience nette, précise, d'une theorie économique qui satisfasse amplement, complcterncnt, ma soif de justice et de solidarité. Permettez-moi de Yous le dire : Aucune <'.:colcne me donne satisfaction. Aussi ne suis-je ni 11111/11elliste, ·comme \'0USle pensez, ni précisément indiYidualistc dans le sens absolu du mot, ni collectiYistc, ni communiste, cc qui au fond me parait un peu se confondre a\'CCle collccti\'isme. Je reconnais que Yous ne Yous en ddendez pas. Mais je crois guc la théorie collectiYistcestunc formule plus jeune, plus scientifique, si YousYoulcz, que le communisme, mais logiquement j'estime que la théorie collcctiYiste appliquée demain, par exemple, entrainerait bien vite et malgré eux les collectiYistcs au communisme et a la forme nécessaire que celui-ci exige pour étre. Je suis franchement socialiste en ce sens que je 11ccrois pas:\ la nécessité de l'antagonisme des intérêts, que j'estime que l'intérêt bien entendu de tous les hommes doit, dans un temps plus ou moins rapproché, leur démontrer la nécessité absolue d\mc politique nom·cllc, d'une économie nouvelle, d'une morale nom·cllc, affirmant que le bicnétre de chacun est la loi supréme de tous; que le bien-être est la suprême gar,rntic des indi\·idus et des sociétés, en même temps que la raison d'être de ces derniéres. Je crois que, jusqu'à cc jour, l'humanité s'est soumise à une théorie que j'appellerai purement dynamiqt.1e, qu'elle doit maintenant passer :i la théorie statique, et former une synthcse aYecla précédente. A mon sens, les socialistes théoriciens ont le tort de prendre la question de propriété tomme point de départ. Pour moi, les lois qui régissent la propriété ne sont qu'une résultante d'un état social déterminé. La forme propriété n'est pas autre chose qu'une conséquence rigoureuse des lois morales, politiques, sociales qui régissent les rapports des hommes entre eux. Un des arguments que je rencontre fréquemment dans les publications socialistes, est celui-ci: C'est que, dans le passé, la forme propriété a été communiste, collcctiYiste, et, par conscqucnt, que la forme. propriété indi\'iduellc n'est pas un principe rigoureux et absolu. Évidemment! et je ne crois pas que là-dessus il y ait aujourd'hui la moindre opposition formulée par les économistes. Mais il me semble que l'argument ya contre l'intention de ceux qui s'en scn·ent. En effet, il permet de dire qt1c la forme collccti\'c, ou communiste, n'a pas pour conséquence directe l'égalité sociale. On parle de la propriété collcc•

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