La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

U\'E DISCUSSION DOCTRI~ALE E\'TRE JOURDE ET MALO\' 28ï 11ibn, 12 juilkt I8ï5· Mm; CHER JOURDE, Un coquin historique a dit que b parole ctait donnée ù l'homme pour déguiser sa pcnscc; est-cc que les lettres sont inYcntécs pour trahir ù cc point la pcnscc lk ceux qui les écriYcnt? Il est sùr, mon cher ami, que rnc soupçonner d'être le partisan d'un systérnc fermé en socialisme, un sec/aire en un mot, c'est raide, et il faut que je n:e sois bien mal expliqué. Je crois avec Auguste Comte;\ la loi des /rois élnls, et appliquant cette loi au sociali~me je trouYc que tous les utopistes, de Saint-Simon ;\ Cabet, ont représenté la période se11/i111e110/n1l1c111ysliq11e du socialisme, que les démolisseurs (Proudhon, de la Sagra, Lassalle, tllarx, Herzen, Bakounine, Tchernychewsky, etc.) en ont rcpn'.·scnté h période 111étapllysiq11e, à la fois des/rue/ive el apr,licalive, 111airsnr/011!dcslntclive. Depuis 18ï3, nous sommes entrés dans la période srimlifique 011expéri111e11/ale. PrcuYe : Dans les congrés de l'Internationale, on ne YOteplus sur les principes. Dans le magnifique Rapport rnr les Scruiccs publics présenté au dernier congn::s (par De Pai:pc), on lit : « :fous ne proposons nullement les solutions auxquelles nos re- « cherches nous ont conduits comme un programme complet et arrêté « avec lequcl il foilie enchainer l'aycn ir. Nous croyons, au contraire, quc « des situations nouYcllcs 11011 prén1cs et non pré\·isibles, que des cc circonstances inappréciables pour nous, que b disparition de besoins « actuels et l'apparition de besoins nouycaux, que des découYertes « scientifiques et industrielles dont notre esprit ne soupçonne peut- « être pas la réalisation possible pourront Yenir modifier plus ou « moins profondément et peut-être boulc\'crser de fond en comble les « conclusions auxquelles nous sommes arriYés. » Je Yous défie d'être plus cxpérimentaliste que cela! Eh bien! rnilà ma thcoric; êteS-\'OUSsatisfait? Est-cc :i dire, pourtant, que nous devions nous interdire les hypothéscs? Non, sans doute, les hypoth!'.:ses sont les coups de sonde dans la Yoie pénible du progrés. Les Anglais ne font pas d'hypothcse, ils réalisent l'idéal d'Avrial : 01ga11iso11s-110111sn, iasu diable la lbéorÎl' . 1 et les Anglais tournent sur place; depuis quatrc-Yingts ans, leurs deux millions de trade's-1111io11isles n'ont pas donné au prolétariat le quart d'une idée; le peu qui a et!'.:fait dans cc sens l'a été par l'Internationale, leur ennemie. Maintenant, j'aborde quelques points de ,·otre lettre. Je me suis prévalu de de la Sagra, Mill, Lavclcyc, illustres écono- ,

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