La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LA REVUE SOCIALISTE s.1 111.1ison0~1 s,1 terr-: une p,1ssio:1 qui :11111ihilcelle qu'il dcHait ressentir pour s.:s se111bbbks. Il ne YOitdans ceux gui l'entourent que des c,llabor.lleLirs de son œuHe d'accu111ulation. On s'étonne parfois qu'un hommc laissc mourir faute de soins sa femme ou ses enfants, qu'il 111;111i(csutcne plus gr,rndc doulem en apprenant que son che\'al ou s.1,·:1chc a succo111béque s'il se fùt agi lk son épouse ou de son 11ou,·c,1u-né.Ces faits ne nous surprennent pas. La « religion de la Propriété i> fait plus que les tolérer, elle les proYoquc. L'homme lutte pour l'éternité. Il ne la place dans un séjour ultratcrrestn: que p:1rcc L]U'ilne l.1 découYrc pas sur la Tcrn:, et encore cetlè existence d'outre-to111bc, tout ù l'abri qu'elle soit des coups des Yi\'.rnts, lui semble 111oinsrédie que ne le proclament les spiritualistes. li ne nut disparaitre qu'aprés aYoir laissé l'empreinte de son passage: une terre, un édifice, une accumulation de richesses parlant de lui ù ceux qu'il ne Yc1-rapas naitre. Trois choses lui apparaissent comme susceptibles de prolonger sa vie terrestre au-<lclù de la to111be: la n!lebrilé, la progiuil11re et la /m,priele. La célt'.:brité, peu y songent. Et parmi ceux gui l'envient, beaucoup la considcrcnt comme inaccessible. Reste la progéniture et la propriété. Dire gm: l'homme immole toujours la progéniture ù la propriété serait peut être exagérer. Cc que l'on peut affirmer, c'est qu'en génér.il il utilise b progéniture ù la propriété, et, lorsqu'il se YOitdans l'obligation de farnriser l'un au détriment de l'autïe, c'est la progénitun; qui est sacrifiée. L'homme YOit dans la terre qu'il feconde ou dans la maison qu'il posscde quelque chose d'immortel. Qu'importe que tout succombe autour de lui pourn1 que son œm-rc subsiste! Fraternité, justice, solidaritt'.:,amour, qu'est-cc que cela? Autant de génies malfais.rnts dont il cherche ;i se gar,111tirau sein d'une atmosphére de froid égoïsnw, d'indifférence pour les malheurs d'autrui, et de rnëpris pour tout cc qui pourrait condamner sa conduite et ses sentiments inhumains. Cc qu'il Ycut, c'est conscn-cr intact, « 111~~1EAPRES SA MORT», la portion de richesse qu'il a détachée de l'ayoir commun. Pour y arriYcr, il réduit le plus possible le nombre de ses enfants. La possession indi\·iduclle lk la terre et des moyens de production est donc un obstacle :'t la reproduction de l'cspccc. Cet obstacle grandit de jour en jour. La Société le détruira ou clic perira. C't.:st aux époques de décadence et de ruine de l'état social que se dresse le << problémc de la population ».

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==