230 LA REVUE SOCIALISTE REVUE DES REVUES Philosophie et Littérature Au lendemain du congres démocratique chrétien de Reims et du discours du comte de Mun i la Chambre, Gérault-Richard écrivait dans la PetiteRépublique un article trcs judicieux où il développait cette idée : « Les vrais ennemis, les seuls redoutables du prolétariat socialiste, ne sont pas ces bourgeois oisifs que la digestion paralyse et qui se reposent sur des mercenaires du soin d'être défendus. Avant qu'il soit longtemps, les soi-disant démocrates chrétiens auront pris, contre nous, la prcrniérc place dans la bataille sociale >>. Les revues d'inspiration catholique attestent ce réveil du « catholicisme social », scion le mot de Malon, qui, il y a vingt ans, signalait dcjà aux socialistes cc mouvement naissant, avec une respectueuse considération pour les hommes et pour la foi qui les animait, autant qu'avec une juste défiance des idées nouvellement propagées. Sous l'autorité de Léon XIII, le parti n'a pas tardé i s'affirmer puissant, actif, à constituer son programme, à entrer bannicre déployée dans la lice. Après la grande dccadcncc de l'église cléricale, orléaniste et bonapartiste, voici le renouveau, la floraison hâtive de ia démocratie chrétienne, la Réforme ranimce dans le grand corps ecclésiastisque sous un souffle de fraternité sociale. A parcourir les dernicres livraisons des multiples organes du parti nouveau, partout on sent l'ardeur, la foi des passions neuves, un grand dcsir de travail et de dévouement au bien commun, l'abandon des vieux cadres usés de la société actuelle, les esprits tournés vers de nobles espérances et de bea~x lendemains. Nous verrons à faire les réserves légitimes. Mais constatons d'abord que nous sommes en présence d-'un mouvement d'idées important, d'un parti jeune et ambitieux, d'un programme nettement prccisé et déclaré, et avec lequel il faudra d'autant plus compter que sur des points essentiels il emprunte au socialisme ses formules, ses
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