La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LE CONGRÈS INTERNATIONAL DE LONDRES 207 amendements furent adoptes. L'un concerne la fête du 1er Mai : les ouvriers de tous pays sont invites à la chômer, en lui donnant surtout une double signifiGation: celle d'une démonstration en faveur des huit heures; celle d'une manifestation en faveur de la paix internationale. Un autre amendement demande pour la femme enceinte six. semaines de repos avant et six semaines de repos après l'accouchement : elle sera, pendant cc temps, entretenue aux frais de l'État. Un troisième impose à l'État l'obligation d'occuper les sans-travail et demande l'admission des femmes et des apprentis dans les syndicats. 5e ComnssION. - Guerre. Rapporteur: E. Wu1n1. En période capitaliste, les causes principales des guerres ne sont pas les différences religieuses ou nationales, mais les antagonismes économiques auxquels les classes dirigeantes des divers pays ,sont poussés par le mode de production. De même qu'elle sacrifie sans cesse la vi.:: et la santé des tra\·ailleurs sur le champ de bataille du travail, la classe régnante n'éprouve aucun scrupule à faire couler leur sang en vue de nouveaux profits à obtenir par la conquête de nouveaux débouchés. La classe laborieuse de tous les pays a donc le devoir de s'élever contre l'oppression militaire au même titre que contre toutes les autres formes d'exploitation dont elle est victime de la part de la cbsse possédante. Dans ce but, elle doit conquérir la puissance politique pour abolir le mode de production capitaliste et refuser, simultanément dans tous les pays, aux gouvernements, instruments de la cbsse capitaliste, les 111oyens dt 111ai11tenir l'ordre de choses actuel. Les armées permanentes, dont l'entretien épuise déjà les nations en temps de paix et dont les frais sont supportés par l:t classe ouvrière, accroissent le danger de guerre entre les nations et elles favorisent surtout l'oppression toujours plus brutale de la classe ouvrière de chaque pays. C'est pourquoi le cri : A bas les armes! n'est pas plus entendu que les autres appels aux sentiments humanitaires des classes capitalistes. La classe prolétarienne seule peut avoir la volonté sérieuse et le pouvoir de réaliser la paix du monde; elle réclame : « 10 La suppression simultanée, dans toutes les nations, des armées permanentes et l'armement général du peuple ; « 20 L'institution d'un tribunal arbitral nommé directement par le peuple et chargé de régler pacifiquement et sans appel les conflits entre nations; « 30 La décision définitive sur la question de guerre ou de paix laissée directement au peuple pour le cas où les gouvernements n'accepteraient pas la sentence arbitrale ». Et elle proteste contre le système des traités secrets. Mais la classe prolétarienne ne pourra, en cette matière comme en n'im-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==