La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

206 LA REVUE SOCIALISTE En rnnséqucnce, le Congrès, en maintenant les résolutions du congrès de Bruxdles et du congrès de Zürich sur la question, déclare : L'organisation des ounicrs en syndicats est de première nécessité pour la lutte émancipatrice du prolétariat. Il considère comme un devoir pour tous les ounicrs YOulant l'émancipation du trm·ail du joug capitaliste, qu'ils appartiennent au syndicat de leurs camarades de profession. Pour rendre possible et pour faciliter une action économique efficace, les organisation, syndicales doivent se réunir en fédérations s'étendant sur tous les pays. Tout éparpillement des forces en petites organisations particulières est à rejeter. Dans la lutte économique, la conviction politique des om-ricrs ne doit pas constituer une raison de séparation; mais il est du de\"Oir des organisations ouvrières - devoir résultant de la lutte de classe - de faire de leurs membres des soci:distes convaincus. De plus, c'est un devoir des syndicats d'accepter, comme membres, les femmes travaillant dans la même industrie et d'aspirer à réaliser le principe du salaire égal à travail égal pour les deux sexes. A côte de la lutte pour de meilleures conditions de tra,·ail et pour la hausse des salaires, les syndicats doivent surveiller l'application des lois protectrices du travail; ils doivent s'efforcer d'amener la suppression des méthodes industrielles nuisibles à la santé, du marchandage (swcati11g) et du truck-système. Le congrès considère que la grève et le boycottage sont des moyens nécessaires, à la réalisation des fins syndicales. Mais il ne Yoit pas la possibilité d'une grève générale internationale. La nécessité la plus urgentc est l'organisation syndicale des masses ouvrières, car c'est de l'étendue de l'organisation que dépend l'étendue des grèves dans des industries entières et dans des pays entiers. Pour rendre possible une action syndicale internationale, il faut créer dans chaque pays un comité syndical central. Ces comités doi,·ent dresser, dans la mesure du possible, des statistiques concernant le marché du travail. Ils doivent se communiquer mutuellement ces statistiques, de méme que des rapports réguliers sur tous les événements importants de leur pays pour la vie syndicale. C'est surtout un dc,·oir des syndicats de tous les pays de faire en sorte que les ouvriers étrangers immigrants adhèrent aux syndicats du pays où ils travaillent, et qu'ils ne travaillent pas à un salaire plus bas que les ouvriers indigènes. En cas de grève, de lock-out et de boycottage, les syndicats de tous les pays ont le devoir de se soutenir mutuellement dans la mesure de leurs forces. Le développement C::conomiqueet industriel avance avec une telle rapidité qu'une crise peut avoir lieu d:rns un temps relati\'emcnt court. Le Congrès insiste donc auprès des prolétaires de tous les pays sur la nc'.:cessitéabsolue où ils sont d'apprendre, en citoyens conscients de leurs intéréts de classe, à administrer leurs pays respectifs dans l'intérét commun. Un r:1pport de minorité, présenté par le citoyen Guérard et préconisant la grève gcnéralc, ne fut pas accepté. En revapche, plusieurs

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