LA REVUE SOCIALISTE Le Congn'.:s mal informé, croyant que les députés français réclamaient pour tout député le droit de siéger sans mandat, faillit se donner le ridicule de voter la non-admission d'hommes qui n'ont pas cessé d'honorer par leur talent et de faire progresser par leur énergie la cause socialiste. Les Anglais, en particulier, grands partisans de la tradition, s'élevaient vivement contre cette Yiolation des usages. Les anarchistes profitaient de l'occasion pour essayer de frapper l'action politique en la personne de ses plus Yigoureu:( représentants, et une voix cria des tribunes à Jaures : << \'ous n'êtes pas socialiste. » 1[ais quand il fut bien avérl'.: que les quatre députés aYaient loyalement soulevé une question <le principe, en protestation contre ceux qui rejettent toute action législative; qu'ils avaient été Yalidés par la section française elle-même; que d'ailleurs ils soumettaient volontiers au Congn'.:s les mandats spl'.:ciau:,(dont ils étaient porteurs, le tumulte s'apaisa et l\:xamcn de ces mandats fut re1woyé à la section française. Disons toutefoi~ que le Congres a laissé en suspens la question de principe; ajoutons qu'à notre avis clic aYait étc mal posée; qu'elle aurait dù être soumise d'a\'ancc au comitc d'organisation et inscrite à l'ordre du jour; que, trés défendable au fond, clic ctait incorrecte dans la forme; et souhaitons que d'ici au prochain Congres, si on juge à propos de la reprendre, elle soit e:,(primée en termes clairs et de façon à ne pas avoir un faux air de privilégc en faveur de gens qui n'en réclament point. Cc n'était là qu'une escarmouche. Pendant qu'elle se prolongeait, un combat beaucoup plus scrieux se liwait sur un autre point. Il s'agissait de savoir si le Congres maintiendrait les termes de la résolution du Congres de Zürich relati\'c à l'admission des délégués. En voici le texte : Toutes les Chambres syndicales ouvrit'.:res seront admises au Congrès, et aussi les Partis l:t organisations socialistes qui reconnaissent l:i nécessité de l'organisation des travailleurs et de l'action politique. Par action politique, on entend que les organisations des traYailleurs cherchent autant que possible ù employer ou à conquérir les droits politiques et le mécanisme de la législation pour amener ainsi le triomphe des intérêts du prolétariat et la conquète du pouvoir politilJUC. Voter le maintien de ces <leu:( paragraphes, c'était voter l'exclusion de l'anarchie comme doctrine. - La chose fut discutée d'abord au sein de chaque s·ection nationale, et cc fut de nouveau dans la section française l'objet d'une discussion passionnée. Une proposition de Gabriel Deville rcclamant l'adhésion préalable de tout dclégué i cette formule avait cté d'abord repoussée. Puis à la majorité de une voix (57 contre 56), la section française avait décidé que le vote de la
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