La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

LESRÉSULTATDSU SYSTÈMEMÉLINE que vous lisez vraiment trop vite ou trop rarement; étudiez la crise de l'industrie lainière à Fourmies, à Roubaix, et si vous êtes sincères ... vous êtes capables de. devenir socialistes. Gardez toujours sous les yeux la pétition navrante <lans sa mesure que les sans-travail du Havre rédigeaient le 14 juin dernier. « Nous ne sommes pas protectionnistes, » disent certains d'entre vous; nous les attendons à l'œuvre; nous leur demandons de faire front avec nous contre M. Mcline et ses partisans; nous acceptons leur concours pour une pareille œuvrc; mais nous ne le cachons pas : le protectionnisme a bas, il ne restera plus de cc n'.:gime capitaliste dont ils sont les champions qu'un corps inerte et impuissant; le premier bastion démantelé, toute la forteresse s'effondrera sous nos coups ou par le simple jeu des combinaisons économiques .... Nous sommes sùrs, Messieurs les libre-échangistes du centre, que vous 1v marcherez pas avec nous. Vos journaux, le ]èmps entre autres, sont bien silencieux, depuis que M. Mélinè est au pouvoir. Vous préférez - pourquoi non? - sacrifier vos thèses d'école;\ rns intérêts de classe. Écrasons le socialisme a\'ant tout! voilà votre cri de guerre. Au fond mieux vaut une situation tranchée; mieux vaut pour nous l'alliance étroite de l'orléanismc politique et de l'orléanisme économique. Nous n'aimons pas l'équivoque: elle nous servirait mal. Tira rd, l'un des votres pourtant, disait en r891 : « La France ne se laissera pas toujours dominer et diriger par une aristocratie industrielle qui confond son enrichissement aYec l'intérêt public», et Guesde, en 1894, répondait par ces mots prophétiques : « On fait appel à tous les appétits, sauf à l'appétit des affamés. Le protectionnisme veut l'État-Providence, mais seulement pour les classes possédantes. Faites un nouveau Pacte de famine et nous ferons un nouveau 89. » Le Pacte de famine a été signé dans l'hiver 189r, et aggravé dans l'hiver 1894; peut-être d'ici peu l'aggravera-t-on encore; peut-être aussi notre 89 à nous approche-t-il à pas rapides, poussé avec une vitesse croissante par les erreurs tactiques des classes dirigeantes. En juin dernier, M. Méline, dans son discours de Soissons, essayait d'opposer le paysan a l'ouvrier, d'armer l'un contre l'autre, pour noyer l'une dans l'autre ces deux colères qui montent contre l'iniquité sociale, du sol bouillonnant de la République. Malgré ses ruses, le protectionnisme n'a ni creusé la scission, ni préparé la guerre civile des deux prolétariats. L'ouvrier paie son pain plus cher : il sait que le paysan ne profite pas de ce renchérissement. La vieille formule socialiste n'a pas été entamée par les arguties, par la casuistique, par les excitations ténébreuses des réactionnaires au pouvoir. Plus que jamais levons-la bien haut a la ~eine lumière des chiffres et des faits économiques : « Travailleurs des usines et des champs, unissez-vous. » PAULLours . . ' ..

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