LES Rl;SULTATS DU SYSTÈME MÉLINE 165 trainte. Il serait trop ardu, même pour M. Méline, d'interpréter le tableau du commerce a l'avantage <le la réaction agrarienne. Nous attendons une réponse à nos conclusions éçonomiques, certains qu'elle ne se produira pas. X CONSÉQUENCES SOCIALES Les conséquences sociales du protectionnisme vont naturellc:rncnt <le pair a\'ec ses résultats économiques. Comme nous l'avons avancé au debut de ce travail, elles attestent avec la derniere netteté l'exploitation coupable d'une classe par une autre, et elles constituent, aux mains du parti socialiste, l'une des armes les mieux trempées, l'un des moyens <l'attaque les plus solides qu'il possedc contre le capitalisme. Toutes proportions gardées, le mélinisme, à l'époque contemporaine, est 1\ 1.livalent des pensions de noblesse d'ancien régime. Que sont les droits à l'importation, sinon une annuité, une prime versée par les petits aux grands propriétaires fonciers, aux hauts barons de l'industrie! Sans doute, ici, la subvention obligatoire et légale, allouée à la féodalité financiére, est moins visible, moins blessante d'aspect, que le systémc des pensions tant de fois dénoncé dans nos États Généraux. La science économique moderne a su noyer la réalité dans le lacis de ses déductions et de ses subtilités, mais, malgré tout, cette vérité perce; la complexité du paternalisme bourgeois apparait dans toute sa laideur, comme surgit jadis, au yeux du Tiers-État de 1614 et <le lj89, la simplicité <lu paternalisme nobiliaire. Il a fallu de longues annnées de lutte pour que la noblesse cessât ses prélévements sur les ressources des classes non privilëgiées. Combien de jours de bataille ne faudrat-il pas pour que la bourgeoisie abandonne la dime nouvelle restaurée en 1892? Nul ne le sait. Mais il ne dépend que de nous d'avancer l'heure de l'affranchissement, de faire la lumiére, la pleine lumiérc, sur la tactique des rétrogrades, de montrer au paysan l'erreur qui le berce, :'t l'ouvrier, la servitude matérielle qui l'étreint. N'est-ce pas la pire sujétion que de payer son pain plus cher pour alimenter les coffres de quelques grands agriculteurs, jamais contents, toujours soucieux: de relever les tarifs. Ah! le pain cher ! Combien de fois le parti de M. Méline a-t-il ressassé 'cet aphorisme bizarre, déconcertant, humiliant à force d'ironie, que le prix: du blé peut s'élever sans que monte le prix du pain? Hélas, le froment SC vend chez nous plus cher que chez nos voisins, et nous avons le triste privilège d'avoir moins de pain pour un même nombre <lecentimes. Le r 5 février 1894, M. Viger, ministre de l'agriculture, prononçait I
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