La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

160 LA REVUE SOCIALISTE déji signalé Ll raison foncière de cet a,·ilissement universel, et nous sommes heureux d\:tre d'.1ccorJ a\'CC le rapporteur de la commission permanente des Douanes, qui écri,·.,it le 11 aoùt 1895: « Le mauvais ctat des ::iffaircs a fatalement réagi sur les prix : notre puissance de production n'ayant pas diminue (ajoutez : malgré la clôture des marchés), une lutte très vive s'est engagée entre fabricants, et les cours qui semblaient arnir atteint le niveau le plus bas sont encore descendus». Nous rcco1rnaissons que la France ne constitue pas une exception dans cette histoire des prix, et qu'au dehors tous les pays ont plus ou moins enregistré le m<'.:mephénomème; mais on a,·oucra que nulle part il ne s'est manifesté aussi intense que chez nous. Les J11dex Numbers publiés par le Stntist de Londres dénoncent de 1880 à 1895 une b·aissc de 20 <•/o environ, et de 1891 :\ 1895 une baisse de 3 °/ 0 seulement. On calculera aisément, dans le tableau que nous avons reproduit ci-dessus, qu'en France l'aYilisscment de 1890 ù 189-1- ::i excédé ro 0/o aux importations et 8 °/o aux exportations. Cc simple rapprochement entre notre pays et L1 Grande-Bretagne libre-échangiste ne démontre-t-clle pas aYcc une suffisante clarté l'influence exercée par les tarits de 1892? Encore une fois, nous n'apprécions pas; mais nous opposons à ;\I. ;..!élinc le désaccord qui s'affirme entre ses paroles et les faits. \'II I L'ETE:-.OUE DES CULTURES On conçoit facilement que cc mécompte, que cette chute <les cours n'aient guère encouragé nos ruraux à <lé\'cloppcr leurs cultures. Le protectionnisme avait a,·ancé pourtant que la multiplication des emblavcments et des plantations serait le résultat immédiat Je son système douanier. Les deux rapporteurs de 189 r, i\1.1\1.i\lélinc et Dauphin, laissaient entrevoir, dans un horizon <l'or, une France vouée tout entière au travail du sol, accroissant <l'année en année ses terres .i froment ou à vignes, fournissant une vigoureuse poussée pour s'::iffranchi r de toute dépendance à l'égard des pays neufs. Une fois de plus, les statistiques officielles se divertissent :i confondre les audacieuses prophéties du protoctionnismc. Tout se tient dans le <lomainc économique. Le paysan se soucie peu de se liwer I à une surp'roduction qui se retournera contre lui. Si le quintal de froment ne rémunère plus, en général, le laboureur, le viticulteur se plaint de la mévente des vins. Dans son ignorance, soigneusement

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