La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIV- vol 02

MOUVEMENT SOCIAL 107 ait 8 représentants de la province, et il combat la propos1t1on qui tendrait à exclure du Conseil les compagnons gui occuperaient une place dans les institutions du Parti. Le rapporteur combat les coopératives de consommation, d'abord parce qu'elles ne produisent guére ou pas de bénéfices, ensuite parce qu'elles nuisent au progrès du parti en l'étouffant, parce qu'on a remarqué que là où ces coopératives étaient le plus fortement organisées, les syndicats l'étaient le moins. En se prononçant pour ces coopératives, dit le rapporteur, nous arri,·erions à façonner des réuol11tio1111airecs11robedt' cha,11/Jn•. (Question à laquelle il importe que nous songions aussi en Belgiqu..: : quc l'action révolutionnaire, que le fleuve impétueux qui porte la barque socialiste ne soit pas détourné vcrs le lac tranquille des satisfactions immédiates des coopératives d..: consomm:ition. Que l'exemple de nos amis nous soit un avertissem..:nt salutaire pour donner à tous nos corps organisés cette :îme révolutionnaire dont parlait Adler.) La grande majorité du Congrès est de l':l\'is du rapporteur, <.:tceux qui se prononcent en faveur des coopératives reconnaissent qu'il faut veiller à cc qu'elles aient un caractère nettement sociafüte et surtout à cc que leurs dirigeants et membres aient nettement conscience de cc caractère et agissent en conséquence. Le Congrès décide ensuite que toutes les nationalités de l'cmpire seront représentées au Conseil génér,11. La question de la Prcrn· du Parli, que lc Congrès discute cnsuitc, nous ,1pprend que l'Arbt'ila Zàl1111g (le journal quotidicn du Parti à Vienne) tire l'édition du dimanche il 22,000 exemplaires, cl'llc dt: b semaine à moins. Pend:int la première année 1895, les rec..:m:s furent de 419,632 francs, les dépenses de 407,292,; rien que pour le droit de timbre, le journal d0boursa 102,000 francs. Le Congrès Mcidc de maintenir I'Ar/ltit,-ri111101 Z,•i/1111g (Journal des ouvrières) à cause des grands services qu'il rend pour l'organisation des syndicats féminins, ctc. Le Congrès s'occupe ensuitc de la situation des ouvriers agricoles ct décide d'entamer une énergique propagande il la campagne. Le rapporteur, empruntant ses renseignements à un travail du professeur von Inama-Sterncgg, évalue it plu3 de 4 millions la force du prolét.iriat agricole masculin en Autriche, dont 2 1/2 millions absolument pauvres, I 1/4 million d'ouvriers salariés1 3/4 million propriétaires par petites parcelles. Les petits fermiers propriétaires fment libérés en r848, mais les valets de frrmes sont restés ce qu'ils étaient, de vrais serfs. D'ailleurs, la loi sur la domesticité (Gesinde Ordnung) consacre cette situation d.1ns presque toutes les portions de l'empire. Ces ouvriers agricoles ne trouvent qu'un moyen de se soustrairc à cette situation : la fuite vers les villes, comme au moyen âge. Un aut;·e dél~gué, s'occupant plus spécialement du Tyrol, montre les curés, ces soutiens, dit-il, des bonnes mœurs et de la morale, faire le commerce des enfants naturel.s et des orphelins. Ils ont pour cela fondé une société spéciale de protection de l'enfance et vendent ces pauvres enfants à de riches fermiers de la Bavière pour la garde de leurs troupeaux. Cc même délégué, parlant de la Galicie, nous dit que certains ouyriers n'y reçoivent qu'un salaire de 20 centimes par jour !

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