106 LA REVUE SOCIALISTE solider et étendre l'organisation syndicale; de l'inutilité des coopér,1tives de consommation, de leur nocuité ; de la situation des ouvriers agricoles ; du Congrès de Londres. Voici en un court résumé les points les plus intéressants de ces débats. Le rapport général du délégué allemand sur la situation du Parti constate qu'en 1894 il disposait de 21 journaux politiques, de 28 aujourd'hui; réunis ils a,·aient un tirage de 72,000, aujourd'hui de 95,800. La fondation du journal quotidien, en janvier 1895, marque un grand progrès. Les 29 journaux professionnels qui en 189--1- avait une édition de 95 ,ooo, sont aujourd'hui 3 2 avec une édition de 111,700. Le nombre des poursuites politiques montre aussi la vitalité du parti. Pendant les deux dernières années les compagnons allemands furent condamnés à 62 années de prison. Un grand nombre de compagnons, 419, furent acquittés, ce qui ne signifie pas que les juges soient cléments, mais que le parquet poursuit à tort et à travers. Cc qui est plus extraordinaire, c'est que, pour la première fois, l'État a été condamné à payer au journal Arbei/i>r Zât1111g, pour dommages-intérêts, 642 francs. Le délégué tchèque constate, dans son rapport, que 452 compagnons furent l'objet de poursuites politiques, 159 furent condamnés à 19 ans de prison. Les socialistes tchèques possèdent 10 feuilles politiques, ayant un tirage de 31,900 exemplaires, une feuille de libre pensée à 6,200, 2 journaux humori~tiques à 10,000 et 11 journaux professionnels à 23,600 exemplaires. A propos de la question sy11dicale, de nombreux ddégués se plaignent (comme chez nous) de ce que les questions politiques acquièrent une trop grande importance. Le congrès est d'accord pour reconnaître la nécessité de· consolider et étendre l'organisation syndicale, mais le citoyen Adler résume bien la pensée de l'assemblée en disant que l'organisation syndicale et l'organisation politique se tiennent comme le corps et l'âme. Sans le co,ps des syndicats le parti reste sans consistance, mais sans l'd111e de la politique et de la conviction révolutionnaire, le mouvement syndical s'embourbe comme cela s'est produit en Angleterre. Et un autre délégué fait remarquer que s'il est quelquefois question de recourir à la grève générale pour forcer la solution de certaines questions, il est indispensable d'avoir au préalable une organisation soci,ilc solide. Le projet gouvernemental de loi électorale les préoccupe ensuite. Certains orateurs sont d'avis qu'il faut tout mettre en œuvre pour faire échouer cette loi, qui consacrera les plus flagrantes injustices, qui notamment donnera à 5,000 propriétaires terriens 85 mandats, alors que 5 1/2 millions d'électeurs n'en auront que 72. Mais la plupart des délégués ·et la presque unanimité de l'assemblée sont d'avis qu'il faut utiliser le progrès qu'elle réalise sur l'ancien régime, tout en continuant le combat contre cette loi, comme contre la précédente pour arriver au suffrage universel et direct. A propos de la question d'organisation, le Congrès autrichien émet précisément le même vœu que notre Congrès: celui de voir tous les membres faire partie de leur syndicat, sans pour cela (encore comme chez nous) en faire une obligation. Le conseil général est d'avis que dorénavant, parmi ses 16 membres, il y
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==