CHRONIQUE MUSICALE 99 trois cents personnes,« parmi lesquelles cent quarante dames du meilleur monde »; et le directeur du Conservatoire de Vienne ne croyait pas déroger en jouant la partie d'alto solo qui accompagne la ballade du Roi de Thulé (1). Maintes fois en Allemagne Berlioz avait eu l'occasion d'apprecier les ressources de ces sociétés philharmoniques si nombreuses. En Suisse, où il en existe dans toutes les villes, il y a des concours entre clics, qui se divisent en trois parties : concours de chant populaire; mixte (de chant mi-artistiq uc, mi-populaire), et artistique. Dans cette dcrniére catégorie, on exécute des œuvrcs telles que la Neuvième Symp!Jo11ie d Beethoven, qu'il est si difficile à Paris de faire exécuter d'une façon satisfaisante, avec des choristes de profession ! En Angleterre même, beaucoup de telles sociétés, dans de simples villages, sont capables de chanter des œuvrcs comme le Messie de Haëndel. « Avant la Révolution, dit t-.L Camille Bdlaiguc, il y avait en France 3,400 maîtrises, c'est-a-dire de 12,000 a 15,000 musiciens, dont 5,ooo enfants de chœur. Quel gouvernement vraiment démocratique réorganisera d'aussi utiles associations, des syndicats aussi bienfaisants! Alors la « maison du peuple » était la maison de Dieu. Quelle leçon et quel exemple de solidarité fraternelle, de véritable unanimité les choses mêmes y donnaient? » (2). Sans adopter les conclusions de M. C. Bellaiguc, il serait a souhaiter que des groupements aussi nombreux se reformassent, et ce serait le véritable moyen de faire de la Musique un art vraiment social et non pas un passe-temps de dilcttanti blasés. (1) Ernest Reyer. Notes de musique (p. 299-301). (2) C. Bellaigue. La M11siq1teau poi11tde vue sociologiq1te, _dans la !roue_ des DeuxMondes du 1" mai 1896, p. 98. Lire également dans la RFcuista1111mcale, importante publication italienne trimestrielle : Per l' arte aristocralica, de M. ?i~ni (dans. le '.rnméro de janvier 1896), et la Natt,re et l'Évolutio1t de l'art, de M. A. Fou1llee (en franç:us, dans le numéro d'avril). '
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