La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

752 L\ RE\"UE SOCIAi !STE Et cc ,cr.,it en ,·ain qu'on cssaicr.1it <i"cxcitcrcolltre le parti socialiste les alarmes Jcs r.ircs f.worisés qui réunis>elll encore dans leur main l'instrument <leproJu.:tio11et le proJuit i11tégral<leleur 1r.1v,1ilC. eux-!:,, ces petits propriétaires, non seulement la tr.1nsfornu1ion poursui,·ie par le p,trti socialiste ne les mcn.1.:cen rit:n, puisque leur propriété morcclfo ne saur.tit être l'objet d'une appropri,11ion so~i.,le, nuis ils n:.:oeilleront pour leur p.m, au même titre que tous les .1utrcs membres de 1'1société, le bénéfiœ de l'i11corpora1ionsucccssi,·c J.ms le <lom,1inesoci.11des gr.mdô industries. L'EYOL\;TlON Je dis• incorporation succcssi\'C ». Xul socialiste n\1 jamais rêvé, en effet. Je tr.rnsformer J'un coup de baguette magique le régime capitaliSI(:, ni J'édificr sur u11c1.1blcrase une société toute nouvelle. \'anJcn·ddc, l'éminent penseur, le grand orateur belge, mettait, dans un .trticlc sur J'.'.:,·olution collectiviste, ses amis en garde .:ontre le <langer <les .:011>1rn.:1ions il la fois trop h.iti,·es et trop arrétées il u11eépoque où la scic11ce peut bouleverser tout d'un coup les éléments m~mes <le la ,·ic, soit, comme l'è\'oquait un jour 1101rcgrnn<lchimiste Berthelot, cil 1r.111sformant<le fon<l en .:omble les condition5 <le l'alimentation, soit en modifiam profo11démcnt par Je, :1ppli.:.nions inattendues du tr.msport <le la forœ les conditions Je lïnJustric. Et, .:i10,·ens, en tenant cc langage, notre ami ne faisait que mettre en lt11nicr.:les deux faœs <lu so.:ialismc, cc qui constitue :1 la fois sa puissance id.:Jk d ,,1 gr;rn<lcur pratique. Xos philosophes, nos idéologues - c'e,t un bc.,u 1110e1t juste employé ;1sa pla.:c - construisent des système,; k collccti\'isme est un plan <lesociété idé.tl et complet. :\!ai, si nous regardons h.tut, toujours plus haut, nous ne perdons point pied pour cela; nous gardons conta.:t a,·cc le sol résisrnm et sol~c. Xous ne substituons point nos imagin,nions aux réalités au milieu <lesquelles nous nous mom·ons, et charnne de nos réalisations ne veut et ne doit être que la conséquen.:e et le résultat des phénomènes déja accomplis. ;\lais l'hypothèse est un <les instruments né.:essaircs du progrès dans tous les ordre, de .:on,uissan.:c, et ce scr,tit 1r.1Juirc ou plutùt 1r,1hir d'une bien ëtrange manii:n! l'enseignement <les esprits géniaux qui, teb les Claude ll.:rnar<l, om institué la méthode cxpt'.:rimcmalc, que de pr.:ten<lrc contraindre le sociologue comme le sa\'ant à rayer Je ses papiers l'hypothcse fé.:onde. Je ne ,ais lequel Je nos a<l,·ers.1ircs,je crois bien que c'ét.,it M. :\léline lui-même, ne trou\'a un jour rien de mieux pour reprocher ;\ notre ami J.11irc, l.1 h.tr<lies-e <le ses YUes,que <le le qualifier de poète du socialisme. ;\(. :\lélinc ne sïm,1ginai1 guère, sans doute, qu'il lui f.ti,ait le plus bel et le plus prëcieux éloge qui ait été jamais adressé et ù J.1urès et au parti qui est fier de le compter dans ses rangs. Oui, certes, poète, et dans la plus magnifique acception <lu mot, l'orateur inwmpar.1blc qui a su faire vibrer l'âme de l.1démocratie ouvrière et p,1y,.rnne ou, k, ,1.:cents'les plus ém::iu,·.rnts dont ait retenti depuis œnt a,is la tribune fr.rnçaisc. :\lai, il n'est p.1s donné à tous les partis de susciter des poètes et <le

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