LA RE\'UE SOCIALISTE rand, que tous les socialistes du Parlement ont d'ailleurs faites leurs, parce qu'incontestablement elles demeureront parmi les plus importants documents historiques du socialisme. Grâce au discours de ,\!illernnd, gdce à cet acte, l'Union socialiste est enfin deYenue un parti conscient, ayant un programme net et lucide et des fronticres définies. Le sentiment fraternel, l'instinct des nécessités politiques eussent été impuissants à maintenir la concorde et l'unité d'action de routes les forces socialistes et auraient peut-~trc alourdi et ralenti leÙr marche ascendant<.:. L'heure était ,·enue de formuler et de faire sanctionner la pensée commune à tous les socialistes. ,\lillcrand eut cette heureuse initiati\'e {le donner une boussole à l'Union socialiste, tout en laissant aux convictions de chacun la liberté de conceptions particuliéres secondaires. ,·oilà pourquoi le discours de J\lillerand restera : DISCOCRS DE MILLERAKD ... En présence de tant cl'clus du suffrage universel, auxquels je suiS heureux de souhaiter une fraternelle bienvenue; devant le concours de ces mandat.lires des grandes villes et des communes rurales accourus de tous les points de la France pour porter témoignage de l'irrésistible mouvement qui entraine la démocratie fr,rnçaisc, ma pensée se reporte naturellement aux jours ,le tristesse et d'éprc,m·c, aux batailles et aux défaites qui ont précédé et préparé cette victoire. Qu'il soit permis à un socialiste, qui, ni par son ancienneté, ni par ses services, n'est un vétéran du parti, de se retourner vers les militants de la première heure, vers les apôtres qui nous ont frayé la voie, et d'incliner l'hommage des nouveaux venus et des jeunes devant les Jules Guesde, les \'aillant, les Paul Brousse, devant la mémoire de Benoît Malon, dn.tnt tous ceux qui depuis vingt ansom incarné et incarnent encore dans leur 11011le1s lutte, et les espérances du proli:tariat org,misé. Ils ont connu les jours difficiles, la rancœur des insuccès, l'amertume plus cruelle des divisions fratricides. Mais ils éuieqt soutenus, emportés au-dessus de tous les obstacles par leur foi in"in • cible en Ll bonté, en la grandeur, en la nécessité de leur cause. Ils reçoivent aujourd'hui la juste récompense, la seule qu'ils ambitionnaient, de leur inlassable persévérance. Le grain qu'ils ont jeté à pleines 111.tinsa germé; la moisson sera fructueuse. L'CKIOK SOCIALISTE ;\!ais, citoyens, nous ne remplirions pas toute l'utilité d'une telle assemblée, nous ne rC::pondrionspas l son attente, si sa réunion ne nous fournissait qu'un prétexte il nous réjouir et nous féliciter. Pour un parti comme le nôtre, chaque victoire constitue l'engageme111de remporter de nouveaux succès, et <:'est dans le triomphe même qu'il sied de songer à fortifier les points faibles, à corriger les vices d'organisation, i prendre, en vue des luttes prochaines, toutes lés mesures capables de nous attacher la victoire.
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