J.A REVUE SOCIALISTE pouYoir est encore cbns ks m:tins de la caste privilégiée qui, malgré son petit nombre, compose à clic seule la presque totalité des classes diriacantes. Comment amener ces 111essie11rs à fraterniser avec les " 0111;ricrs qu'ils ont méprisés jusqu'ici et qui sont, d'ailleurs, si différents par leur éducation et par leurs habitudes? Comment s'habituer :\ tc1Yailler manucllc1J1cnt, :\ se passer de domestiques et du reste? Par l'éducation, par le scn·ice militaire co1wcnablcmcnt réorganises, pcutètre; mais cc sera long et difficile. Ces objections ne sont pas, d'ailleurs, spéciales au mutualisme; clics sont moindres, au contraire, contre cc syst<:mc que contre tout autre, parce que la mutualité peut s'appliquer partiellement sans toucher à l'ensemble du corps social, aYcc lequel clk peut parfaitement coexister, et parce qu'elle peut trouYer des partisans déYoues parmi les agriculteurs, qui ont cté jusqu'ici opposés à d'autre.s systc:mes. C'est pourquoi, il y aurait lieu d'essayer le mutualisme sans plus tarder, et l'État pourrait commencer par l'une des nombreuses industries qu'il exerce lui-mëme. On pourrait, en mC:me temps, encourager, par des subventions ou autrement, les particuliers qui en essaieraient l'application plus ou moins compl<:te. Si le syst<:mc réussit et prospère, il s'étendra tout seul et finira par absorber le syst.::mc actuel, qu'il faut bien se garder de détruire ayant que l'expérience ait fait Yoir s'il est réellement inférieur au mutualisme ou à tout autre systcme qu'on Youdra lui substituer. La partie essentielle du mutualisme a dcjà ét6 appliquée aYcc succès, en France comme à l'ctrangcr, où certaines œuYrcs qui, toutes, ne sont pas religieuses, s'estiment hors d'affaire, lorsqu'elles ont pu se procurer des terres assez étendues pour nourrir leur personnel et qu'elles peuYent CL1!ti\·crà l'aide de cc personnel, dont clics tirent, d'ailleurs, tout le parti possible, faisant exécuter par lui les vêtements, constructions, etc., dont elles ont besoin et ne recourant à des ouvriers étrangers qu'en cas de nécessité absolue. Tout porte donc:\ penser que cette première partie du mutualisme, qui en est, en quelque sorte, la partie materiellc, réussira pour peu qu'elle soit bien appliquée. On peut e~pérer qu'il en sera de même de la partie qu'on pourrait appeler dé111ocraliq1el1seociale, dont nous pou\'ons peut-être réclamer, au moins partiellement, la paternité, mais qui n'a pas encore ctè appliquee, au moins d'une manière complète. Nous voulons parler surtout de l'égalité des salaires et de la di\'ersit<'.:du traYail ; nous \'Oulons parler aussi de la liberté laissée aux associés de s'administrer eux-mêmes et de travailler :\ prix débattus, une fois leur tâche terminée, ce qui, avec autre chose, leur facilite les moyens de devenir propriétaires, si telle est leur ambition. Nous ne voyons pas pourquoi cette deuxième partie de l'organisation mutualiste ne réussirait pas, comme l'autre, si clic est bien appliquée; il nous semble, tout au moins, qu'elle ne donnera
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