LA SOLIDARITÉ ET L'INOI\ïDUALIS~IE responsabilité inJi,·idudk était otlici<.:llement reconnue, acc~ptée et proclamée, dk denait avoir pourco1rn;qucnces immédiates l'abolition du nom de fJmilk J:ins ks .1ctcs ci,·ils et celk des droit, de succession. En dkt, si l'inJiviclu rn: reli:,·c que de lui-même, ne doit êtr<.: respons,1blc que Je ses actes propres, il ne doit aYoir qu'un nom indi,·iducl, personnel, ne rapp<.:lant aucun autre souvenir que celui de: ses seuls tr,1, .rn, et Je ses actc:s seuls, et il ne doit participer en rien à la fortune ck ses ,1sccndants ou collatéraux. Quand on prétend, non sans ,1ppan:nœ de r,1ison, sc dt'.gagc:r Je lJ hont<.: ,l'une famille, il faut aussi ne p,1s prétendre ,i l'honorabilit..: que peut donnc:r un nom, et quand on rcpousse toute responsabilitt'. ,k sc:s proches, il b faut n:pousser sous la form<.:de l'héritage dc bkns qu'on a p.1s acquis soi-mê1m:, commc sous la forme de Jettes qu'on n'.1 pas faites. Il n'y a pas .'1 parlcr Je l'influence des relations et des recommand,1tions, qui 11'.1peut-être jamais étc: plus grande qu'en ce temps, et qui sert si puissamment les médiocrités aux dépens 11;1turdk1rn:111des gens Je véri[able mérite. :\lais on ne peut l'empêcher. li est assez singulier que Jans cette fin de siecle, où il est tant parlé J.: soci.ilisme et où k mot, en France au moins, est à la mode, Li doctrine Je l'individualisme, qui en est l.1 négation, soit affirmée autant p,1r cc:ux qui se pn'.:tendcnt socialistes quc p,1r œux qui sembler.lient ck,·oir représenter ou défendn: ks anciennes traditions sociales. On comprend que œttc doctrine soit en faveur dans une société féoùak, puisqu'elk y p..:ut justifier ks exc<':sdu droit de la force . .\l.!is on ne comprc:nd p.1s qu'elle trouve clcs partisans d,rns une: socic'.:tt'.d<':mocr.ttiquc, oü il 11'app.1r.1itque trop que l'individu est compktemc:nt ,\ Li merci, non seukm.:nt th:s influc:nc.:s originelles, mais encore de toutes les influenc.:, soci,1ks, d'c'.:duc.nion, de légbl.nion, de milic:ux, de circonstances, J'c'.:,·.'.:11en11.:cnotsntre ksquc:lks il est absolument impuissant, et quand il e,t écras.'.: p,1r tout k poids des forces collecti\·es. Peut-être est-cc l.i fat,1lit.'.:de ces influences et cet écr,1scrncnt même qui ont inspiré la doctrine indi,·idu,1liste comme une protestation. Mais IJ protestation, sous cette forme, est vaine, comme le scr.1it contre la mort une doctrine de l'immortalité corporelle·. On n'empèche pas les f.itts d'c:xister en les niant, en protestant contre eux ou en prétendant qu'ils sont autrement. L'indiYidu est une abstraction, une conception de l'esprit, comme l'humanité. Il n'y a p,ts J'indi,i,lus en ré.dit.'.:, il n'y a que dt.:s êtres; il n'y a pas dï1um,rnité, il 11'y a que des hommes. Chaque C:trc a quelque chose qui lui est propre, indi,·iduel, son organisme et consc'.:qucmmcnt sa maniérc d'ètrc, Je sentir, de se développer et d'agir. :\lais cet organisme, il le t;ent d'.1sccnd.rnts qui l'ont engendré dans des conditions oü le hasard tient plus Je plaœ que la volante, et, quant a son développement et .i sa maniére d'être,
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