La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

IJ~ DÉPOT DE ME~DICITE Jép6t ccntr.il des trois colonies d..: \\'ortcl, Hoogstrao.:ten et :'lkrxplas, subsiste encore presque totalement. Les p.1rtics anciennes se distinguent ncttem..:nt tks b.itimcnts plus ré:ccnts sous leur b.1Jigeon11agc d'un bLrnc y,;rJ.hn;; ces derni..:rs sont en briques rouges aycc des an:tcs de pierr..: blanche. L'intérieur permet de se figurer l'ancirn clütcau. On dcYinc facilement d.1ns la cour d'honneur Li Jouble gakric circulaire et au haut Jes murs, percés aujourd'hui J..: minuscuks portes carrées, Li ncr\'lire d..: l.t YOÙtcmontre encore la ligne élégante suiY:lllt laquelle était découpée l.t cloison. Le ch.ite,1u est tlcs plus anciens. On en parle, ainsi que de sa légenJe, dés ks premiers siècles de l'ér..: chrétienne. Il s'élè:Ye presque o:n m0me 11:mps que la plaine qu'il Jomine surgit th: ['Océan qui se r,tire. Tout k moyen .1gc rcYoit s,~s seigneurs en mille circonstanù:s diYerscs, aux crois.1Jcs, au tournoi, en gucm:, p,1rtout. ,\Ltis, où le manoir prend uns: réclk import.me..: historique, c'est ,tu sci2iè:me si0clc, lorsque l.i '.\é:crlamic s:ntiè:re se soul.::,·.: contre Li tyrannie espagnole t:l que l'hé:roïsm..: d'un petit peuple fait un instant tn.:mbler l\:mpirc sur lequel le soleil ne et:ss,1it jamais Je luire. C'est ,1 Hoogstr.1o.:t..:n qu'eut lieu Li ré:union prép.1ratoire au Cl1111pro1d1e1sis 11ob!t-s. Philippe Il brùla le m.rnoir où l.1 r<'.:bcllions'ét.lÎt ainsi donné libre cours. :.\lais le clüteau fut r.1pidemu1t n.:comtruit; sa situation cxcentrique le sau,·,1 de la ruine sous la Ré,·olution française. Le gotm.:rrn:ment de Guillaume d'Or.111gc sc borna .1 en faire une propriété n.nionJlc et, Yers 1850, le gouYcrnemLnt belge rn fit un d<'.pùt de mcnJicité, hébcrgeallt ainsi les ,ag.1bonJs ct ks chemine:tux d,rns ks loc.rnx où s'ét.1ient abrité:s les nobks et ks seigneurs. Hoogstraet<:n, comme tout ch.heau qui se respect..:, a s:1 lt'.gende, une 11:genJe moye11n,1geusc que r.1ppelle au Yoyagcur le caYalicr décapit<'.: tournant en guise de girouette sur le clocher dc l'églbc. Les seigneurs Jc l'endroit rn; mentaient pas ,i la réputation de banditisme de tous ks preux du moyen .îgc. Eux aussi dé,asuient Li plaine et rançonnaient les Yopgcurs, et leur cupidité ne respectait m<:mc pas le fî,1ncé de leur so.:ur. C'cst pour Yenger la mort de celui-ci quc la noble dam..: trancha Li t0te .1 son fn;re pcnJant qu'il reposait (;t fit ensuite lier le corps décapité sur le cl1eYal d'armes de la Yictime. L1 e;1Y,ile fougueuse s'en retourna ainsi à traYers la sauyage contrée, semant sur toute la route les chairs pantelantes de l'assassin. Telle est la légende du seigneur d'Hoogstractcn, que le p,1ysan raconte à la Ycillée à l'hôte de passage, pn;s du fagot de ramcc flambant clair au fond de !'àtre, et dont toute la famille accueille la fin -15

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