LA REVUE SOCIAI.ISTE Il est de toute justice au reste et ,·raiment démocratique que, dans une question qui intéresse surtout la classe laborieuse, celle-ci puisse obtenir voix au clupitrc et défende clle-mèmc ses propres intérèts; f,o Obliger toutes les communes de France à imtituer des commissions de logements insalubres et déterminer, en en aug111entant le nombre, la proporuon des membres de ces commissions sui,·ant le chiffre de la population. C..: n\:st pas sans une naic satisfaction que nous avons rctrou,1:, dans eo.:s tr.1,·aux si dignes d',mcntion, l'affirmation si nette, si constamment renouvelée par ks JitTércnts rapporteurs, de l'importance primorJi,1lc Jes questions J'hygiO::nc pour le prolétariat tout entier, pour l.1 nation cllc-mi:me, et pour l'humanité : A première rnc, disent les citoyens Boisson et Bourchct dans leur rapport sur le tr,t\'ail du cui\'re, il semble que les questions hygiéniques les plus primor,füles doi,·em ètrc de nJture ,t attirer l'attention d'une façon spéciale, doivent ,l\"oir la priorité sur toutes les autres. En effet, le premier soin de la société, de l'homme, ne devrait-il p.ts ètrc la com,cr\'.1tion, dans la mesure du possirk, de cette s,uné s.ms bquell.: l\:xistencc du tra\'ailleur, déjâ peu cn,·i.tblc, n·est plus faite que de déboires, de \'icissitu,lcs ~t d'a\'anics? Et pourt,111til n'en est rien ; ,tu milieu de l'acti,·ité fébrile de la ,·ie, on s'inquilte fort peu de ces questions d'hygiene, et tra\'aillcurs, industriels, commer~.tnts, propriéwircs, semblent a,·oir pris .1 t,khc dé reléguer bien loin au s.:.:ond plan cette première nécessité : la conscn·ation de la \'ié humaine. Di\'Ull(Llcr,ou plutôt mettre :1 jour les erreurs, les mau,·aises ,·olomés, lïncon,.:iencc de tous et y apporter ks amélior.ttions, les· nécessités qui sïmpo,em, est certainement l'œune l,t plus utilé qui puisse être tentée. l..1 ,·ie et la santé dcs indi,·idu,, pourr.1it-on dire, sont en raison mèmc dc l.1durée quotidienne et dt=J.1fréquence du trJ,•,lil oblig.ttoire. Et tout cc qué l'on peut dire des indi"idus s'applique conséquemment,, l'espèce, :i Lt nation. IKl'cndrc, protéger et conscr\'er l'cspi:ce hum.tinc, l.t race françahe, c'est défendre la nàtion clle-mèmc, c'est <:le\'er ses facultés de résist,IIKC .tu maximum de puissance, c'est augmenter l'intégrité, Lt gr.mdcur de l'humanité. C'.:st pour nous la plus bel!..: confirmation de notre plaidoyer en faveur de la préférence à accorder à la queslio1s1anitaire sur la question politiquepure. De plus, l'insuffisance bien établie Je notre l.:gislation actLtclle, l'incohérence ou la complc:-.itO:: des réglementations, les di'.:fauts inhérents à toute sun1:illancc fonctionnarisée, les échappatoires d.: toutes sortes qu.: savCtll trouver les employeurs, propriétaires ou fournisseurs, ne constituent-ils pas autant de prcu\'cs de l.1 nc:ccssité J'cn arrh·cr .'t opposer notre droit sanitaire (1) au vieux abusif droitquirilaire qui domine encore et inspire trop cxclusivcmcnt !Out~ (r) \'oir la QUt·stiousauUairt (d1. XIV, prindpe et légitimité Ju), p.u le docteur Julien Piogcr, chc.tGiardet Bri~rc, J6, rue Soufflot, P.uis.
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