LA RE\'UE SOCIALISTE ment que la soci.'.:té propn.:ment dite est une association naturelle, et que l'association ,st une socictc artificielle; et, de œtte dcfinition, découleront les caractO::r..:sd..: cc ,krnier principe. li ser.1 réciproque comme la jnstic..:, mais fnrn//atif et non plus obligatoire. Il dépend de moi Je m'associer ou non, d.: m'assurer ou 11011s,uiYant que j'y trouYe ou non mon intérêt et ma conwnance. P.1r exemple, une fois a,socié ou assun:, je suis sur un pied de p.1rfaite .'.:galit.'.a:Ycc mes co-associês et mes co-assurés. Nous aYons form.'.: une association pour la consommation ou k crédit; j'ai droit, comme tous ks autres membres de l'association, J'ad1eter et d'emprunter aux conditions fixées. ;\fa maison brùle, la compagnie d'assur.111ce contre l'incendie me doit une indemnité proportionm:llc au mont.rnt de la prime qu'elle a reçue de moi. La mal.idit.!, le chômage m'.1ttcignent. la société de secours mutuels me doit un subside en raison de la cotisation que j'ai pay.'.:e. On aperçoit aiscmcnt toute l'importance de cc principe : il parc à une foule d'éycnrn.ilirés auxquelles la justice pure cr simple ne saur.lit poun·oir. Les économistes ont toujours mis un cntëtement singulic.:r à ne pas Youloir le comprendre et l'admettre; il est \Tai que les socialistes ont eu parfois lc tort de prétendre l'installer au lieu et place de la justice, cc qui est une erreur fond.1mcntalc. Le droit et le deYoir d'association et d'assurance sont un droit et un deYoir que ma ,·olonté crée. Sans doute, une fois crées, cc droit et ce de,·oir rentrent dans les conditions ordinaires de Li justice; toujours est-il que l.1 société, qui ne peut dépendre de nu ,·olonré, ne saur,1it n.:poscr sur un tel principe. Enfin, il existe un troisii:me principe, appartenant, lui aussi, à l'ordre des relations résultant de la destinée indiYiduclle et morale des hommes, qui est celui de l.1 frnlernité, du dévo11e111,•11/, Je la dmrilé. Cclui-1.i est le princip.:: complémcntairc des deux autn.:s. Il n'est ni obligatoire, ni bil.aéral; il c.:st fawltnli( comme l'association et, de plus, il est 1111iln!éral. Le dcrnir de dévoucment, le Jernir de charité, est un dernir sans nul droit corn'.:latif: il n'y a pas de droit au dérnucmcnt, pas de droit à la charité. Un homme tombe sous mes ycux Jans l.1 rivii:r.::; au.:une loi écrite ne peut m'oblig.::r :i me jeter .i l'cau pour l'cn rctircr, et cc 11\:st pas .i la justice.: 1 intcrYcnir ici. S'il n'y a pas d'ailleurs, entre.: cet homme.: et moi, un contrat Je sau,·l'lage mutuel, cc n'c.:st pas non plus à l'association. Cependant, cet homme se noie! A quel principe Je le secourir? ,\ cc.:lui de l.1 fraternité m.:: faisant appel dc.:sprofondeurs de.:la sensibilité, principe non social, mais individuel, principe éternel d'ailleurs, comme l'humanitc même. Supposez, si ,·ous muiez, l'idéal soci.il réalisé di:: la façon la plus compléte, la justice et l'ordr.:: régnant définitivement; supposcz, avec ccla, l'association et l'.1ssurancc aussi dévc.:loppées que possible, tous les hasards calculablc.:s calculé,. Personne.: n'a plus rien .i récla1m:r Je la
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