La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LES PROPAGATEURS DE L'!XTERKATIOXALE EX FRAXCE 665 faits connus et apprcciablcs, idcc qui s'clabore et grandit dans les profonds sanctuaires de la conscience, jamais assez explores. On ne s'ccartait de la métaphysique que pour s'égarer dans des essais de synthése hltifs, incomplets, antagoniques. Les théoriciens du socialisme, comme Proudhon et Karl .\larx, et les agitatcurs, comme Blanqui et B,1kounine, apportaient certes à l'œu\Tc générale de la réYolution un contingent énorme, précit:ux, mais ils introduisaient aussi dans l'Internationale des éléments de di\·ision, des ferments dissoh·ants, qu'on a\·ait pu é\·itcr jusque-!.\, malgré les différences des tempéraments et des car,1ctèrcs, malgré les points dc \'uc di1·crgcnts et les tendances YJriées d'hom1m:s qui n'ayaient point eu l,1 méme éducation et qui n'.l\"aient point fait les mémcs études. Cependant, le Llisccau Je l'union des jeunes socialistes français résista encore longtemps à tous les germes funestes qui le menaçaient. Les gnnJes fedérations étant formées d.tns les gr,1mles Yillcs, aYec d'importants rayonnements ,\ l'entour, l'fnternationalc, dcn:nue puissant~, organisa :i Lyon une sorte de congn~s des sections françaises, une grande assembli:e populaire, qui eut lieu le 1 3 mars tSjO. \'arlin en fut le président. B.1stelica, .\ubry et beaucoup d'autres étaient Li. Plusieurs sections t'.:tr,1ngén.'sy :l\",1icnt aussi des rcpn'.sentants. Quinze jours après, le gouwrnement impérial commrnçait des poursuites et tous les chefs de l'fnternationalc 0taient arrêtés dans toute la France. Ce n'était rien, c'était le succès futur assuré. Cc qui paralysa cc grand mouvement et rejeta le pro10tariat en arrière, cc fut la guerre et tous les 0Yénements qui suiYircnt. Cc fut l'explosion prémarnr.'.:c et partidlc d'un sentiment rc:rnlutionnairc trcs m.'.:langé et l'c:crasement de L1 Commune en rSïI- La dc:faite du socialisme fut facilement compktc:e ensuite par la nc:gation de la question sociale, tn;s franche de la part de Gambetta et des anciens orléanistes, ses nouYeaux allies, mais perfidement c1weloppéc de n:ticcnces d.'.:mocr,1tiqucs par d'autres, aussi funestes au socialisme. Et les plus nuisibles, par conséquent les plus utiles aux conserYatcurs, furent pcut-ètrc ceux qui en si grand nombre restèrent muets, tacites approbateurs des faits accomplis et des principes qu'ils permettaient d'affirmer. Il y a de ces muets prudents et habiles, dont les élasticités de conscience peu n:marquées ont échappé au bL\mc que la démocratie ne ménage pas :\ ceux qui dé\·oiknt trop fü:remcnt leur irritation contre les mixtures auxquelles clic se résigne parfois. !'-;ous a,·ons dit que l'Internationale n'a pu dégager suffisamment l'idée supérieure du socialisme, la montrer au-dessus de toutes les autres dans sa lumineuse puissance, aller chercher au fond des

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