La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

660 LA REVUE SOCIALISTE persuadé que la meilleure façon de planter son drapeau est de le faire toujours aperœvoir aux premiers rangs. Cc n'est pas notre faible concours qui fera de beaucoup avancer l'heure de la ré,·olution, nuis nous contribuerons par notre intcrve111ionà lui donner une allure rédlement sociale. On ne pom·ait <lonner tort à lllalon, et cette attitude <lu principal représentant de l'Internationale à Paris impressionnait ses collcgues /t Lyon et :\. .\Lirscilic. D'ailleurs, Bakounine, qui <lans le même temps agissait sur les socialistes de Lyon et de lllarseille, ne laissait pas de fatiguer, par la facilit.'.: impn'.:voyantc aYec laquelle il voulait ecartcr des hommes qui ne pensaient point comme lui, mais qui .'.:taicnt aussi déYoués et aussi résolus. :.lalon ajoutait, sur la question <le principes : Le collectivisme, td que je l'entends, n'est pas une théorie plus ou moins arbitr.1irc, c·est un système social reposant sur des bases scientifiques indéni:1bles et par conséquent un ensemble ayant ses déductions logiques que nous devons accepter, sous peine d'avoir à rejeter le système tout entier. Rcn:nant ,\ la situation, il dcclarc : Le soci,1lisme est plus ancré dans l'opinion que tu ne sembles le croire. \ïennc vite la révolution, le peuple ne peut plus être endormi; une force nouvelle est entrée dans la politique : la classe ouvrière. C'est l'épée de Brennus qui fera pencher L1balance. RcbtiYcmcnt :\. la ,\farseillaise, déj:'t accapan'.:c par les politiciens, il dit : \'arlin ne t'a pas éait, parce qu'en ma présence Millière lui a,·ait promis de t'expliquer pourquoi on ne pouvait pas insérer tes corrcspondanc~s. Je n'ai pas besoin de te dire que nous non plus, nous ne sommes pas satisfaits de la .\,farscillaise (Journal de Rochefort). li serait fastidieux de multiplier ces citations. Celles que nous Ycnons de faire suffisent pour montrer qu'il etait impossible <lemarcher droit sur la route de l'émancipation du traYail et que la foule, qui courait sur les Yoics latérales, les Yoics traditionnelles de la démocratie, débor<lait les ailes de l'Internationale. Quand la résistance à cet cnYahisscment était trop accentuée, comme :'t Lyon, les républicains <l'alors ne se bornaient pas a attaquer les socialistes sans aucun ménagement, mais certains de leurs comités électoraux, dirigés par des personnalités très en nie, se transformaient en offi-

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