La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LE .\101.:\'E\IIXT L!Tl I!l!AIRC 613 Et le jeune homnh: s'interroge : " Pourquoi sommes-nous ici? Qudlc est Jonc Lt si grande cause qui nous force ,i subir cette ,ic d'abnég,ttion hors des hommes, hors l.t société! ,\u nom <lequd droit supérit:ur .:,igc-t-011 cc s.tcrificc de nous-mémes? ,, Et le YOlontaire· ne trouYc point Je réponse. La guem.:? C'est une raison bien sauY,tgc, s'écric-t-il. )' .ti tenu ,i citer ces paragraphcs éloquents, <l'une ,1 belle simpli.:ité. Lorsqu..: ks \'all.:s, d.tns leurs colè:res contre la ,·icille société, lorsque les Dcs.:avcs, lc.:s Henry Fene, ks Audigier, les D.irien, les Hcrm.tnt, a,·ec .\fishrs du sabn·, S"us-OJjs, Au P,1r/-1/'ar11usS,,11œmirs d11,-,,squ,·,Biribi, le C,m,/ier .\Iisaey, etc., J.rns leurs romans mi lit.tires, content ks souffrance, <le l'étrc indt'.:pcnd.rnt incarct'.:ré dans le r.tng, apn'.:s l'.1dmirahle Grt111d,•11r d urrilud,· 111i/il11ires, d'.\lfrcJ Je \ïgny, on a tùl fait dc crier sus ,1ux communards, aux soci.1listcs, aux révolu1ionn.1in.:s, et les feuilles ré,1ctionnain:s s'émcuvcnt et les tribunaux st'.:,·isscnt. Or, que se p.tsse-t-il? C't.:st que, chaque fois que. pareux-n1émcs, ceux de qui l'on n',tttcndr.tit aucune rcvcn<lic1tion Yiolentc ont t'.:tt'.m: is ;i l't'.:prcuve, cc sont les m0mcs p.1roles farouches qui partcnt. Comme ~I. Georges Hugo, ils sentent 1'/111111ilialio11, ib 1w11prm11,•11l/a lmi11r; et celui-ci, p.1s plus que ceux-l:1, ne s'incline ;i l'idée de patrie sur l.1quellc a v~cu notre civilisation. Je ne Yeux pas 111'.tppes.l!ltir en conclusions L1cilcs ,i cc sujct; tout dc méme, il faut bien noter que chaqtu; fois qu'une ccunc noun:llc se produit, apnt tr,1it .i cet ordn.: d'idées, c'cst une l\!ll\TC contre, ct jamais pour. Ecoutez de quelle façon .\1. Gcorgcs Hugo, qui p.1rle ,it-visu, s'expnmc; cc nc ,ont pas l,i dis..:ours de théoricicns de parti pris, mais les phr:1scs de quelqu'un qui s'est fait une opinion en connaissance de cause : « Les terriens s'imagincnt aussi qu'il y a unc gra11d.-f11111il/1• 111arili111,· bien unie, gaie, enthousi.1ste, touchant excmplc de solidarit.:, de courage insouciant : les 111afrlols, c'est-:i-dirc la ch:rnson, la joie.:, dc grands enfants intrépides, <lepui, k bra,·c homme <l'amir.1I jusq LI ·,1u 111.tthurin.igrossc trognc de bon Yi,·,111t.Oh! quelle aberration ! \'ous ne sa,·c1. pas, terriens, cc que c'est quc notre f11111il/1,•1111riti111c, qud enfer c'est que cc monJc-l:1, comme y régnent l'en,ic, l.t jalomie, l.t haine, et comme la bonté, l.t fraternité y sont inconnucs. Cc que YOUSappckz une famille est k mélange k plus brutal, le moins fondu et le plus étroitement mt'.:lt'.:<le deux classes dont Li différence est un abime: tout en luut, l'état-major, les offi..:iers, sorte

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