LE ~!Ot;\"D!Es;T LITTÉRAIRE 61 I LE tlOUVElvlEN'T LITTÉRAIRE S011vc11irsd'1111 }vlatelot, par Georges llcGo. - Chez Charpentier et Fasqucllc. « Alors, je suis pris de l'cn\·ie folk, - oh! oui, bien folle! - de crier de toutes mes forces, de tout mon cœur: Canur.1dcs, camarades, ne \·enez pas ici! Restez aux champs, courez la mer sur YOSbonnes barques. ~!.1is ne Yenez pas ici, oü YOus connaitn:z l'humiliation, où Yous comprendrez la haine. » Cc sont les paroles ami:rcs, le.: cri de rèn1lte qui s'èchappent de la poitrine libre de !'engagé, son temps accompli, trois ans après son entrée dans la marine, après cette journee d'effarement et d',rngoissc où le jeune « ci\·il », le P,1rigot, se rendait :i la Dii•i.<icm 11111rifi111e de Toulon, un matin <le pluie et de bouc, parmi des matelots ,1pparus « contraints et découragés, comme <les Yis:iges de forçats », sans rien <le cette désinYolture que l'auteur s'était plu à imaginer. C'est en pagr:s sinceres et émouYantcs que le petit-fils du poo:te des Trarnilleurs de /11 111er, qui Yient de rompre a\'ec la Yie de Paris, confesse le dèsarroi oü il est soudain, l'<:pouYante de son }me :i pcrceYoir brusquement la dure réalité, a\·cc Liquellc un caprice du sort Ya le mettre en contact. Dés la porte franchie, où se lit sur un écriteau noir Eq11ip,rg,-s tle la Jlolle, dans un éclairement subit, il sait de quoi il retournera, il sent la main terrible de l'autorité, du commandement, de la discipline sur lui, sa pensée r.'.:duite, sa Yolontè biffée, sa personnalité annihilée - comme la pensée, la Yolontc, Li personnalité des millions d'hommes qui le prcccdérent, ou subissent k mème joug, ou le subiront. « J'ai une en\·ic folle de m'en aller, de me c:icher, de ne rien YOir : j'ai bien le temps. Tout de suite, aussi, un seul moment de joie à \·enir m'apparait, unique dans l'ènumération de tous ceux de ces trois .rnnécs, de ces trente-six mois qui commencent: le dernier, le moment
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