La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

so~:-:ETS SOCIALISTES SONNETS SOCIALISTES Vers les Terres-NouYelles Qu'il est doux de partir vers <lenouveaux ri\·ages, Loin des pays maudits que la foudre a brùlés, Sur le vaste navire où résonnent, mèlés, Les rires <les enfants et les discours des sages ; Et, quand s'éteint aux cieux la p.îlem <le la lune, Sous le ciel, pur encor de cc sommeil sacré, Comme un marin veilleur, aux aguets sur la hune, De voguer, en chantant, vers l'horizon doré! Qu'il est doux d'émigrer ,·ers les terres nouvelles, Les terres s,-.nspassé, sans morts et sans souillures, Où l'espoir fleurit, seul, dans les airs caressants! Amis, fendons la mer des avirons puissants! Le flot, par nous meurtri, nous rit de ses blessures, Et des clartés d'amour à nos yeux se rcvdent. Le Den1ain Le demain seul importe, et qu'à ceux qui viendront Brille un soleil plus doux en un ciel plus limpide; Si je m'éteins, ainsi qu'une flamme rapide, Un plus durable éclat décorera leur front. Faisons-leur du bonheur de nos peines secrètes; Plongeons-nous dans la mer des ,1ges, qui recèle, Comme un divin trésor, la vie universelle; Sous les flots orageux des perles si':secrètent. Que me fait, d'aujourd'hui, l'illusoire misère, Et la froide prison dont l'espoir me libère? En route ! reprenons notre éternel départ! Envolons-nous, da11sles lumières rayonnantes, Comme un agile essaim d'abeilles bourdonnamcs, \'ers les fleurs et Je miel des étés de plus tard! L. LEGOUIS.

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