La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA RE\'IJE SOCIALISTE moyenne quatre-Yingt-dix-s..:pt jours par an. L'influence de ces con·ées sur l'éYolution de la propriété était si puissante, qu'on lit dans k résumé de l'enquête ofliciellc sur la propfiété du sol : « L'bisloire des cordl's es/ l'bisluire dt la pruprù!iéfo11cifre" (li supplément 2) (1). En dehors de ces charges de travail, qui reposaient sur la possession du sol, on a encore l'impôt en argent, la la11dreu/e. Rames, qui l'instalLi en 181 J, YOulait l'imposition du Yiliage entier, en traitant k:s chefs du Yillage comme les fermiers de l'État. Après quatre mois, il changea de système en décrctant l'impôt indiYiducl, qui dcYait être perçu par les collecteurs du gouYcrnemcnt. Apn:s sa retraite, les commissaires bollal/{lais rétablirent la cotisation du Yillage, parce qu'on ne connaissait rien ou presque rien de la superficie des terres cultiYécs par chaque indigcne. Rien ne fa\·orise tant la propriété communale que des impôts mis solidairement ,\ charge de la commune, rendue responsable de la bonne rentrcc des impôts. Dans plusieurs Yillages du Cbéribo11,Re111ba11g et Pekalo11ga11, on se rappela pendant l'cnquètc que les rizicrcs a\aient appartenu i11dh,id111'!lm1eu/ aux pt'.:res, mais qu'on aYait ordo1111é la comnrnnalisation pour faciliter le recouncmcnt de la la11dreule. Les t<'.:gallan's (champs sans eau), ne payant pas d'impôt foncier, restèrent partout propriété indiYiduellc, de mèmc que les jardins, que le gouYernement imposa pour un quart bahoe, mais que les habitant du Yillage laissi'.:rent libres de tout impôt. En principe la la11dre11/e ne peut excéder un cinquième de la récolte (2), mais souYcnt elle est tellement supérieure à cette fraction qu'il arriYe qu'on doit forcer les indigénes à cultiYer leurs champs, qu'ils abandonnent Yolonticrs quand un autre veut reprendre leurs seruicrs, dont le total absorbe, d'apn'.:s les calculs de }.!. P. Broosboefl, 45 °,o de la nleur de la récolte. D'autres fois ils dctruisent ks semences pour être libércs de l'impôt. Pour Yaincre cette résistance passi\·e et a\·oir toujours des satellites fidC::lcs, le gouYcrnement hollandais, suiYant l'exemple des despotes hindous et des princes ja\'anais, octroyait de grands a\'antages aux n:gcnts, et des champs aux chefs de Yillage; en mèmc temps on leur donnait une part des béno'.:lices des cultures. Le chef dcYint l'ii1strumcnt docile du pouYoir t'.:tranger, mais il perdit le respect et la sympathie des indigC::ncsqu'il aidait à piller et à exploiter. Ces moyens (1) Cc som seulement les corn:ablcs qui reçoivent une part du sol, <le 1.'t le nom <le sikep, qui doivent remplir les con·C:cs, de l-otlits kentjwg ou koe.wat, hommes forts, ou de gognl, • qui ptuvent tr,tv:tilkr 11, qu'on do1111caux cultiY:tteurs. (2) L1. I,mdrcntc :iugmcnt:t à 29,000,000 de francs en 1872, :\ ./;,000 1000 en 1886, pour di1ni111.1<crkpuis jusqu'à JJ.,000 1 000 en 1893.

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