La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

55o__________ L_A_R_E_v_u_E_so_c_r_A_L_1s_T_E_· _ _ _ _ _ b nature de la propriéti: et fit renaitre de force la propriété communale l.i où L1possession indi\'iduelle était dt:,·cmH: la n'.:gle. Cette transform,nion Yiolcntc tk b forme de la propri(:tt'.: commença en 1815, mais s'accéléra apn:s l'arri,·ée au trône Yice-royal du gém:ral \'an den Bosch (16 j,rn,·icr 1830). Le roi Guillaume fsr l'anit chargé d'introduire le " cultuur-stelscl » pour subvenir aux besoins financiers de la mcn:-patrie. Les résultats furent encore plus nuisibles à la population que ne l'aYait pn'.:n1 l'i1wenteur de ce système. ra,1 den Boscb Youlait remplacer l'impôt foncier par ces cor\'ées de culture, mais on conserva l'impôt. Le gOU\'<:rm:ur général ne \'Oulait prendre pour les cultures du gou,·ernemcnt qu'un cinquit:me des terrains culti,·és; plus tard, on prit 1011tcc dont on aYait besoin pour remplir les caisses de l'État. Le gcnéral \",rnden flosch ne Youlait exiger des indigcnes que la quantitt: d<: tr:l\·ail nécessaire pour payer l'impôt des rizières; il aYait l'intention de faire supporter les dommages de la mam·aise récolte par le goun:rnement; il \'Ou lait aussi n:mbourser aux indigènes la partie des produits liHés par ceux-ci aux magasins et qui dépassait le montant de l'ancien impôt foncier. ,\ucunt: de ces mesures ne fut exécutcc. On préféra rançonner les indigénes. l'rimiti,·cment, on culti,·a les produits les plus diYers pour augmenter ks recettes du trésor. On ordonna la culture du sucre, du tabac, du thé, de la cannelle, de l'indigo, de la girofle, de l'opium, du poiHe, etc. On accapara les meilleurs terrains et on épuisa la fertilité du ,ol. .-\fin d'a,·oir plus tot les champs disponibles pour la canne à sucre, on obligea les indigènes it choisir les cspt:ccs de riz qui mûrissaient ,·ite, mai, qui ne donnaient qu'une plus petite rccolte, et de médiocre qualitl'.:. La plupart de ces cultures ne laissaient que des pertes et durent 0tre abandonnces; il n'y eut guerc que la culture du sucre que l'on maintint jusqu'en ces derniers temps, et la culture du café qui existe encore. L'histoire de la culture forcée du café n'est que le récit d'une longue série d'abus et de mensonges. On promit de payer les trois cinquiémcs de la valeur rédie, soustraction faite des frais de transport; mais lorsque le prix monta à 60 francs le picol (1), on ne paya que q francs, au lieu des 33 francs qui étaient dus. De 18~0 à 187-1, on fit, de cette mmicre, un bé11éficeuct de 6 ;0,000,000 de florins ou 1,320,000,000 de francs (2). De 187-1 à 1892, le gouYcrncment reçut encore I J 111i//io11sl2 de picol, sur lesquels il gagna de 10 à 50 francs (1) Un picol : balle de 125 lincs d'Amsterdam ou 61 kilogr. ;6. (2) ûurant la mCmc période, on gagna sur le sucre 232,000)000 de fr.111cs,et sur les autres cultures .56.,000,000.

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