536 LA REVUE SOCIALISTE profiter d'une grcYe, ou même la provoquer sournoisement, pour introduire la machine noun:llc, gré,·e forcée des bras. Dans l'ordre socialiste, cette résistance sourde au progres technique sera remplacée par l'uni,·crsclle et incessante collaboration de tous au progrès bienfaisant pour tous. Et, pour la pn.:mière fois, il sera n,ii de dire que l'humanité progresse. Jusqu'ici elle subissait le progri:s presque autanl qu'elle le faisait: triomphe pour une classe, il était défaite pour l'autre; deuil et joie, ombre et lumière, résistance et elan. Désormais, c'est bien l'hununité qui le \"Oudra, qui le portera en clic comme une espérance passionnée, et qui le dé\'eloppcra en tous sens par un libre et unanime eOort. De même, a\'CC la catégorie t'.:conomiquc du profit disparaitra une lourde entra\'c au progn;s de la production. En cc moment, et scion toutes les lois si mcn·cilleuscmcnt analysées par "!:trx, qui ri:glcnt le passage du capital de la sphère de la production dans la sphi:rc de la circulation, la plus-,·aluc, que le capitaliste obtient par le tra,·ail non payé du proletaire, se transforme sur le marché n,11ional et ensuite sur le marché uniYcrscl en profit moyen du capital. Dès lors, le capital se détourne inYinciblcmcnt des entreprises qui ne lui assurent pas cc taux moyen de rcmunération. Fùsscnt-clles excellentes et utiles, clics ne ,·aient pas, si clks ne sont pas source de profit et de profit moyen. Par exemple, d'admirables tra\'aux d'amélioration agricole pourraient être accomplis dans notre pays presque tout entier et, dans l'aYcnir, l'effort de l'homme sur la terre serait plus fructueux; mais, la part de profit que pourrait attendre le capital n'étant pas suffisante, les tra\"aux ne se font point. Et notre sociétc, abêtie par l'habitude, assiste indifférente et inattenti,·c à cc monstrueux, quoique iné\'itablc, phénomi:ne. li y aurait bien des travaux utiles et beaux à accomplir. Ils accroîtraient, pour une longue suite d'années, la richesse du patrimoine humain ; il y a en même temps des forces humaines sans emploi qui s'y appliqueraient joyeusement. Et ces traYaux ne se font pas, cc.:s richesses ne se créent pas, ces forces humaines languissent déscspcrémcnt dans le chômage et la miscrc; pourquoi? parce que ces tra\'aux ne rapporteraient pas au capital le profit moyen. Cc n'est pas (car tout d.rns l'érnlution historique comme dans l'é\'olution organique a sa raison et son sens) que cette apparente monstruosité ne s'explique et ù quelques cgards mC:me ne se justifie. La règle du profit moyen est la discipline <1'llidétourne les forces humaines des entreprises stériles ou moins productiYes, pour les concentrer sur ks plus immédiatement et les plus brgement fructueuses. Elle établit ainsi, si je puis dire, un classement parmi les tcntatiY<:s humaines, et clic ne permet de se produire d'abord qu'à celles qui restituent le mieux son effort .i l'humanité. /llais cette discipline, excellente quand la force
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==