La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

ORGAXISATIO'.\ ~OCULISTE 53 1 son établi vide. La routine pè:se ainsi d'un poids tr<:s lourd sm ks forces de progrcs, et la p.iresse sur le traYail. :'Ibis d.tns le n:gimc capitaliste, cette solidarité brute, si fatale qu'dle soit souYent ,i la produ(tion, s'exerce, si l'on peut Jin.:, d'une façon occulte ct diffuse. Il y a cntn.: le progn:s et Li routine, entre l'.tcti,·ité des uns et Li p.iressc des autrcs, d'innombrables actions, rè:actions et transactions dont aucune puiss:rnce di'.:finie n'est respom.tble, parce que Jans l'inconscient et le chaotique il n'y a pas Je responsabilités; les hommes sont :lll,ichés les uns aux autres par dcs ch:iines pesantes, mais que seule l.1 nécessiti'.: a,·cugle a forgées .. \u contraire, l'ordrc socialiste aura beau ètre l'aboutisscmrnt d'un long traYail historique et une forme nou,·ellc de l'éternelle ni'.:cessité, c'est en pleine lumicn.: Je la conscicnce qu'agiront ci.:ttc fois les forces économiques, c\:st par l'intermi'.:Jiaire Jc YOlontés explicites, d'actes rè:Héchis que s'exerccra la loi ,les choses, ct l.1nécessite mèmc aura la forme de l.1 raison. Comment donc la raison soci.ilim: l1Jrmoniscra-t-clle J;ins Li production les dforts humains, les libertés humaines? Li question cst d'auunt plus graYe que par cela seul qu'il y aura, semble-t-il, decision explicite et centrale, la solution sera beaucoup plus brutale, plus absolue quc dans le régime capitalistc où la solution Hottc à tous I.:s cour;rnts. Comment donc k droit au traYail et le « droit ci la 1uressc » seront-ils conciliés par 1c socialisme? Et si une minorité très l.tborieusc t:ntend traYaillcr deux fois, trois fois plus que la majorité plus indolente ou plus sage, si elle cree ainsi des produits qui n';iyant pa, kur contrepartie n'auront p.is lcur emploi, comment la communaute rétablirat-elle l'éqmlibre? Est-ce t:n amortissant l'.ictiYité des uns ou en i1~1posant au, autres un surcroit J'actiYité? C'e,t éYidemmcnt au profit des plus actifs que so:r,t, mais s:tns contr.iinte, résolu le conflit. D'abord, la solution irl\'<.:rse compromettr,iit la ciYilisation ellc-mémc; c.tr, Jans l'ordr..: socialiste, la puissance ,k dépense étant mesurée par la puissance du tra\'ail, limiter arbitrairement l'effort d'un homme, cc serait limitLr s.1 J.'.:pense, .:e serait pat conséquent géner le prog-n:s mc:me de I.1 ciYilisation en interdisant ,ides indiYidus bien doués ct énergiquL·s do:s formt:s supéricun:s d\:xï'stcnce où ils atteindraient par leur plein effort. En r.'.:gimc capitalistc, comme ce ne sont pas ceux qui tr,n·aillcnt I..: plus qui dépensent le plus, ks innombrables restrictions qu..: subit le traYail de chacun n'cmpècht:nt pas du moins la grande dépense des cl,tsscs pri,·il.'.:giées et le dé,-eloppement J~1 luxe. Dans l'ordre sociali,t<'. la dépcnsc étant r.'.:glée par 1c traYail, toute restriction du tra,ail sL-r,iit une restriction de la dépense, c'est-,i-dir..:, en un sens, de la ci,·ilisation dle-mè1rn.:. Et comme tous les citoyens, même les indolents, auront intérèt au déYeloppemcnt général Je la ciYilisation, c'e,t wrs

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