ORGAXISATJO~ SOCIALISTE 527 où chacun en tra\'aillant pour soi traYailk pour tous et, en ajoutant à la puissancl: <le tous, ajoute à la sienne propre. CrJin<lra-t-on que chaque producteur, au lieu de n:scr\'Cr une part de l'effort et du produit au déYdoppcmcnt des moyens <le production, ne préférl: tout consommer d'embl6c, et que l'accumulation <les égoïsmes pri\'és ne se n:soh·c en un formidable égoï,mc social? Craindra-t-011, en un mot, que chaque gcnération se désintéresse des générations sui1·,111tcs? i\[ais, en fait, il y a là d'abord une singulicrc illusion d'optique : les générations ne se succ.'.dcnt pas bout ,i bout; clics ne se succcdcnt qu'en se pénétrant, en se superposant, et grand .:st toujours, d,ms une socit'.té, le nombrl: tks hommes jeun.:s qui ont un intérêt personnel ,lllx œunl:s d'an;nir. De plus, ,i aujounlï1Ui les actionnaires d'une entreprise consentent ù réduire leur di1idc11dc pour assurer ks réscrn:s, et s'ils transforml:nt en capital, po11r d.:s entreprises nouYelles, une partie de leur re\'enu, tous les citO\".:ns, coproprictain:s <le l'immense ,1cti1·itc natio11,1lc, ,rnront un intcrét du mème ordre à la pcrpctuer et .i l',1grandir. L'ac1io11nairc, le capit,tlist.: d'aujourd'hui a un tripk intérêt ,i accomplir l.1fo111:tionsociak d'acrnmulation .:t de pré1·oya11cc. D'abord, en ajournant la dépense personnelle, il se mcnagl: pour l'a1·cnir des moyt.:ns plus étendus de dépense personnelle : Li p,1rtic de son n.:\'enu qu'il transforme en capital deYirndra elle-mèmc productrice de re\·cnu. En second fü:u, il affermit, il élargit l:i. base d't.:xistence de ceux qui ont son affection et qui héritc:ront de lui. Enfin, et peut-ètre surtout, il satisfait, ,i son insu même, cc bcsoin Je perp.'.tuitc qui est dans l'homme. La dépenst.: personnelle, l.1 consomm.11ion ég01stc est une destruction : tout l'Llfort hum.tin s'.rné.111tit en clic .. \t1 contraire, 1r,111sformerune part de cc produit en un c.1pital qui pourra indéfiniment se r.:proJuire cn s',1gr,111Jissan1, c'est Jo1111er,\ un effort passc1gcr une sorte de prolongen1<.:nt et de n:tcntisse1111.:n1ind.'.·fini; c'est donn..:r .\ Li pn'.:cairc Lt c.1duquc acti1ité hun1aine une sorte d'éternité économique; c'est aussi lui donn..:r une sortc d'infinité, or il n'y a pas de limites assignables à la puissance d'.:xtcnsion et de reproduction du capit.il une fois cngagé dans le \'astc monde. C'est p,1r Lt que l.1dialectique interne du capit.1!, qui tellll ù l'infinité et.\ l'cternit( par le proces même de sa reproduction, répond au secret instinct, .\ la Yocation secrète des consciences humaines. Et Li est, je crois, plus em:orc que dans l'appétit de jouissances pcrsonnclks ou k sentiment familial, la raison ck la prodigieuse actiYitc capiuli,tc. L..: tourbillon d..:s fvrces historiques ..:mportc les hommes dans le sens mèmc de leur ré1·e, et on ne sait plus s'ils sont pn:cipités ou s'ils se précipitent. Or, de ces trois mobiks qui agissent ,1ujourd'bui sur le capitaliste, il n'en est pas un seul qui ne doi1·e agir a\·ec autant de force sur les
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