La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA RE\'UE SOCIALISTE entendue t:nc centaine Je fois ,i Paris. Chat1u1c hiYcr, plusieurs auditions en sont données a\·cc un succés que lkrlioz n'dtt certainement j,1mais espéré ..... mi:mc aprcs sa mort. Tout <lernii:n:mcnt, :'11.\1.Lamoureux et Colonne l'ont exécuté dix fois ( I) ,kvant un public rcligicus..:ment att.:ntif, cnthousiaste, et qui s.1it goùter dans toutes ses parties une <le ses œu,Tes prfférées. Et cc ne sont pas seulement les Jilcllantcs J..: profession, cc n'cst pas lc public, plus ou moins tric sur le Yolct, <lc l'Op~ra, p.1r exemple, c'est un \'fai public, le publicpeuplc, OLI se cou<loicnt l'étudi,1nt et l'ou\'ficr <les faubourgs, qlll: j'ai \'U \'in~t ou tn:nte fois applaudir le chcf-d'œu\'fe ! L11 Da1111111/io11 est aujourd'hui de la 11111siq1p1o,p·ulaire Jans k bon sens du mot. D.ms cctte préférence marqui:e pour la symphonie de Bcrlioz, ccrtaincmcnt, .\ Li pn:miére heure, il ne faut pas se le dissimuler, le désir Je la comparer a,·ec l'opéra si connu Je Ch. Gounod entra pour unc bonne p.trt . .\lais actuellement, ,i mo_n sens, c'est la seule jouiss.mcc esthétiquc que lui procure la D,11111111/i, 1 1 de Faust qui fait que la foule \'icnt l'applaudir. .\lusicalcmrnt, /11 D11m1111lio11 peut donner une idée trcs exacte Je l'art dc Berlioz : art romantique :rn premier chef, rechcrchant l'effet et le pittor..:sque ,i tout prix, dans la tonalité (l.1 subli1rn: et panthéiste !11,·<>c11/i,m à la X11/11r<'; l.t Bal/11,/,• du roi de Tbulé, d'une simplicité d'dfct étonnante cependant); d,1ns l'orchcstration et l'instrumentation, toujours nem·es (quelle plus grande hardiesse que celle qui cousiste a faire c·nten<lre si111111/1111é111c11/, dans 1c finale <le la <leuxicmc partie, le chœur dcs soldats .i six-huit et celui dcs étudiants à Jeux-quatre!) s'écarunt t0ujours des sentiers battus, répudiant, en révolutionnaire intr.rnsigeant, l'horrible mélodie carrée qui sé\'issait pourtant aYec rage aussi bien <.:n1829 qu\:n 184 6, tLtns l'école italianàtre toujours chère, en l'an <legr.îce 1896, aux habitués de !'Opéra-Comique comme aux \'icux abonm:s de !'Opéra! .\rt romantique, comme celui <le Hugo et de Delacroix, auxquels Théophile Gautier ( qui s'y connaissait, même en musique) n'hésitait pas à comparer Berlioz; tout imprégné <le Shakespeare et dl! Gœthe (2), mais que Berlioz, qui avait l'.imc <l'un.: sensibilité inouïe, tempérait si sou,·.:nt par <les accents empruntés i celui qui le faisait pleurer ,i treize ans sur les malheurs de Didon, ,i celui qu'il porta toute s.1Yic dans son cœur et dont il inscriYit 1c nom au frontispice de ses TroyCl/s : Divo Vi1gilio! Art où le comique, le grot1:sque côtoie souvent le sublime, et qui fait succéder a l'infernal Pm11l,!'111011i11111 cette apothéose <le }.Jarguerite qui est autre chose qu'une (1) Cc qui porte 1 100 le chiffre de ses auditions intégr.iles à Paris depuis 1846. (2) ccShal..1.::-.p1,:e:tueGl\:tbe, écrivait Berlioz à son a111l 1=crranù,eu 1829, les c.:xplk.ikurs Je ma \'Îe ! •

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