La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA RE\"l;E SOCIALISTE d'un organisme inférieur, ne troun:nt p.1s en cux-mèmes Lt puissance ncccssain: pour sortir des bas-fonds sociaux, pour planer au-dessus de la fouk en deYC11a1lrliches par leurs nobles aspirations, leur probiti'.:, leur n:rtu. :\lais que deYiendrait donc k tra\·ail sans le capital, ou, en termes conacts, ceux que \'OUS classez sous le nom de tr.tYailleurs sans les capitalistes? De quoi donc le salarié Lirc+il sa subsistance, sinon du capital possédi'.: par son patron? :-(... - Tout est mensonge systématique dans cc que \'OUS \'Cncz de dire. \"ous feignez de confondre une formule ccritc avec la réalité des faits, le droit a\·ec le pouYoir. La loi reste lettre morte, quand elle est en di'.:saccord aYec le milieu oü elle doit s'appliquer. Encore une fois, la classe capitaliste se diffi'.:rencic de la classe prolétarienne, parc<.: qu'elle possède les moyens dc Yinc dont l'autre est frustr.:e. lJne terrible.; ironie déshonore notre prétendue libertc, qui équi\·aut à l'asserYissement des pau\'l'es. Ceux-là sont esclaYcs dont la \'ic dcpend des priYilégiés qui possèdent un capital. Sans doute, le patronat pris en masse :t un besoin absolu, lui aussi, des salariés, puisqu'ils l'enrichissent, puisque, sans leur traYail, son capital-outillage demeurerait inerte, son c:.pital-argcnt se n:duirait quotidiennement. t-!ais le grand patron peut Yinc sa vi..: durant ou plus ou moins longtemps, même si leur traYail lui manque, tandis qu'ils ne pcu\·cnt Yin..:, eux, si le traYail leur nw1que. Et quant aux petits patrons, qui nL sont pas lestés d'une rente, ils s'effondrent dans la ruine ou la faillite, ils sont prolétarisés à leur tom? Quel socialiste le nie? Loin de l.i, cc fait appuie leur plaidoyer contre le capitalisme. Pour aboutir à ces conclusions, point n'est besoin de monter sur les échasses de l'économie politiqt1e '. une dose minuscule de bon sens ordinaire suffit. :\laintenant, outre la lutte des inté1ùs entre la classe patronale et la classe salariée, \'OUS niez aussi l'antagonisme entre les patrons, dont chacun désire natmellcment la réduction dt1 nombre de ses C'.)ncurrcnts? Et l'antagonisme aussi, pour la même cause, entre les salariés? entre les commerçants? Enfin, l'antagonisme encore, pour les prix des nurchandiscs, entre les Yendeurs et les acheteurs? Y. G... - C<.:que \'OUs nommez antagonisme entre patrons, c'est Lt bi.:nfaisante concurrence qui les pot1ssc à li\Ter leurs prodt1its au plus bas prix. 111'.:meexplication de l'antagonisme entre salari.:s pour le tra\·ail, entre commerçants pour la YCnte des marchandises, entre Yendcurs et acheteurs pour le gain et le bon marché. Remarquez que ces antagonismes, comme YOUSles nommez hostilement, mettent en jeux de puissants d précieux ressorts chez l'homme, qu'ils le poussent à déployer de hautes qualitt'.:s d'aud,tce, de finesse, de ruse ft'.:comk qui lui font grand honneur, qui rehaussent le genre humain, et qu'il serait dt'.:testablc, illogique de ne pas encourager.

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