La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

440 LA REVUE SOC!ALl~TE Le second, M. Paul Leroy-Beaulieu, dans son ouvrage Ln Queslion ,,uiorière 1111 dix-ucuvième siècle et dans un article de la Revue des deux .\foudes, du 1er décembre 1893, malmène fort les Sociétés coopératiYes et la participation aux bénéfices (1). On se demande pourquoi cette hostilité systématique? Comme l'école libérale, les coopérateurs comptent beaucoup sur l'initiative pri,·é:c. Il est nai qu'ils ne sont pas innocents de tout pacte a\·ec l'État. Il est vrai aussi qu'ils se proposent de transformer le salariat, de supprimer les intermédiaires et de réduire le capital. Tout cela contrarie beaucoup i\l. Paul Leroy-Beaulieu, qui a écrit que le salariat est la forme par excellence du contrat libre, une naie /ibérnlio11! Il n'admet pas que les Sociétés coopératives viennent rogner les ongles au capital. Il voudrait les réduire aux fonctions de caisse d'épargne pour la classe ou\'riére, et de garanties pour la fabrication des denrées alimentaires. L'école catholique n'a jamais marqué d'hostilité ouverte contre le mou,·cment coopératif, mais clic n'a rien fait, non plus, pour le propager. C'est un fait digne de remarque que le pape, dans sa fameuse encyclique De co11ditio11oepifirnm indiquant les diYerses formes d'associations ounii:rcs, ne fasse aucune mention des Socii;tés COOpcrati\"CS. L'école de Le Play a observé au début le même silence significatif à l'i'.:garddes Sociétés coopératiYes. Les disciples de Le Play, comme Claudio Jn,111e/, Ilubcrt l'allcroux, Guùùi, Fo11gerousse s'intéressent, au contraire, aux Soci.'.:tés coopératiYcs. ,\!. Claudio Jannct va jusqu'à dire que « les Sociétés coopératives sont la seule expérimentation sociale qui ait réussi en cc si<'.:cle ». Scukmcnt il faut remarquer que l'idée qu'il se fait des Sociétés coopératives est tout à fait restreinte. Pour lui, la Société coopératiYe est une sort..: d'<'.:conomat dirigt'.: par des patrons ou des capitalistes qui restent maitres de l'institution et ne laissent aux ouvriers qu'une part de din:ction de pure forme. Passons à l'école socialiste (2). La coopération a la malheureuse (1) Voir aussi le tome II du Traité tbéorique et pratique d'hco11omiepolitique de M. Paul Leroy-Beaulieu. Paris, Guillaumin, 1895, 4 volumes in-8°. (2) Bl,mqui n'a pas caché son antipathie pour les SociCtés coopfrativcs. On peut lire dans une forte Ctudc<leB. ~l.1!011 sur Blanqui socialiste, p.uue d:rnsh Ret1ueSoc.i11/iste de juillet 1885, page 593, les lignes suh·antcs ducs;\ Bbnqui : « La coopér:1tio11 est venue t.:11 aidé ;i l'ennemi et s'est mise :t JCmolir la llévolmion, en rcmpl:tçant un drapc;rn par le Doit et Avoir. Depuis Iï89, l'idée seule est la force t:t le s:ilut des prolêt.1in:s. Il lui ont dù toute~ leurs Yictoires. La forinulc : Libert~, 1:galité, Fr.1.ternitt! 1 ren• ferme la ,·ic matérielle lutant que le progrès mor:il. Elle donnera au peuple le bienêtre en m~me temps que la dignit~. Qu 'il ne sorte donc J>3.S de l'idC:epour se jeter dans

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==