La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

~OTES SUR LE MOU\"DIENT COOPÉRATIF E~ FRANCE 4 33 Les Sociétés coopératives se sont trouvées, d1:sle commencement, aux prises avec des difficultés que l'on peut appeler externes, parce qu'elles tiennent au milieu dans lequel clics sont nées et dans lequel clics demandent ,i se développer. Au premier rang de ces difficultés, nous devons signaler l'hostilité des débitants et du petit commerce (r). Cett.::hostilité s'est manifestée dans tous les pays; mais, en France, la lutte a été plus vi,·e que partont ailleurs, car, chez nous, gdce :\ notre régime démocratique, le petit commerce et surtout le monde des dcbitants occupent une place prépondcrame dans l'esprit de tous ceux qui sollicitent des mandats 6lcctifs, ou qui s'attachent simplement à la fortune politique de certains amis. ~ul n'ignore que les débitants exercent une influence clcctoralc considérable, et k gouvernement et les municipalités ont tout intérêt ,1 les ménager. On sait que la loi sur l'alcool est dur.:: à faire, ;\ cause des petits débitants, qui se verraient ruines; et, si nous voulions une 1ireuvc de plus de la flatterie des pouvoirs constitués à l'égard de tout cc monde, nous n'aurions qu'a invoquer une des dernières décisions prises par le conseil mu11icipalde Paris, à l'instigation de }-1. Georges Berry, au moment où il était conseiller municipal. Sc faisant l'avocat des griefs du petit commerce.;et des débitants, M. Berry a dt:posc le vœu suivant : Considérant que la plupart des Sociétés coopérati,·es créées d,111sk but d'être utiles il l'ouvrier sont, pour la plupart, de véritdbles Soci<:tés d'exploitation, Émet le vœu que la Chambre place ces Sociétés sous le n:gimc du droit co1nn1un. Le conseil municipal de Paris a pris le vœu en considération. ~ous avons assisté personnellement à une levce de boucliers de tout le petit commerce, et surtout des bouchers, contre la crt:ation d'une Société coopcratiœ dans une de nos principales Yilles du }l.!idi. (1) M. Lourties, Jl.ns son r:tpport de 1895, fait allusion:, cette hostilité. Il déclare, plges 26 et suivantes, que les protesutions pan·cnues :iu Sênat sont uombreuscs et diverses. Elles éml.ncnt les unes de chambres de commerce, Jes l.utrcs des dh-ers syndicats ou de ligues du commerce et de lïndustric, alimcnt.1tion, ëpiccric, boul:mgerie, boucherie, etc. M. Lourties rncntionne princip3lement : Je commerrt ro11e1111ali'sU, uiou commerciale tf industrielle dt la Touraine; les cbambrts de commerce dt Reims, d'l1i·rtr,x li d' At•ig,rou; l'Uuiott commtrciale de Cherbourg; la chambre de commerce d'Abbroillt; la chambre de co11w1trtt du Loiret, ,l'Or/ea,rs ; la chambre syndkale dt la boucbtrit de Paris; l'U,iiou syudicale dt la Cdte-d' Or; la cbambre spidica/e de Id boulangeriefra,içaire; le spulicat du commercem gros des vins et spiritueux; le syudical ,lu commercede l'épicerit. A cette liste, il faut ajouter Li Jernihe m.mifcstation des limonadiers et restauM ratcurs parisiens, qui ont tenu un meeting de protestation sous fa prési<l~ncc de M. Margucry. 28

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