La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

>;OTES SUR LE ~!OUVEME>;T COOPÉRATIF El\ FRAXCE .pl ;-fous allons essayer d'en esquisser l'histoire. Pour plus de clarté nous ferons, dès le début, la distinction entre les Sociétés cooperatiYes de consommation et les Socictés de production. Sociélés coopérativesde co11So11111ialio11. - Ces Sociétés sont au nombn: de plus de 1,19ï; nous empruntons ici le chiffre donné dans le Rapport de .\f. Lourlics prém1Jénu Séuat en 1895 (1). Cc renseignement est bien au-dessous de la ré:1lité, car, en France, on n'a pas encore pu dresser, à l'exemple de cc qui existe en .\ngleterrc:, en Allemagne et en ,\utriche, une statistique exacte de nos Sociétcs coopcrati\·es. - Elles se trou\·ent réparties sur tous les points de la France. Chose qui mérite d'ètrc signalée : six d(:partc1m:nts seulement ne comptent aucune Société. Cc sont: ,\Iger (2), l'Orne, les Côtcs-du- ;-ford, Constantine, la Lozère et la Corse. Les centres les plus importants sont : 1° Le groupe des Charentes, qui comprend 138 Sociétés. Ou remarque cc fait dans les Charentes que, sauf trois ou quatre Sociétés, toutes ont pour but de grouper et de solidariser les boulangeri.::s. Les statistiques declarent que l'organisation d.::s Sociétés coopératiYes dans les Charentes fait économiser une moyenne de 80 francs par an et par famille à ceux qui leur sont affiliés. Cette économie, pour un petit budget, n'est sans doute pas à dédaigner. 2° Le groupe de Lyon, de ~!ùcon et de Saint-Étienne ne compte pas moins de 194 Sociétt:s coopt:ratiYes. La doyenne de toutes nos Sociétés françaises - et qui mèmc tient certainement un r.1ng honorable parmi celles du monde entier, puisqu'elle a l'.:téfondée en 1855, neuf ans après les Pionniers de Rochdale - est la R11cbeSiépt1111oise Je Saint-Étienne. 3° Le groupe de Paris ne vient qu'en troisième rang. Il compte 131 Sociétl'.:s. li est permis de dire que le développement de ces institutions est faible, étant surtout donne le chiffre enorme d.: la population. Pourtant, lorsqu'on examine de pn:s les choses, il faut admettre que le résultat est excellent, car la population ouniere parisienne ne brille pas par l'esprit d'économie et de prl'.:rnyance. Une des plus brillantes, parmi les Socictés du groupe parisien, est la Socicté civile coopérative de consommation du dix-huitième arron- (1) Le r,pport de ~I. Lourties fait le relevé de 83 départements. (2) A]ger•:\lustapha compte actuellement une Socit!tétoopéra.tiv~ <le consommation des employés du chemin de fer. Cette Société est de fondation récente. Des tentatives avaient été faites antérieurement en faveur de boulangeries coopcr:uives. Elles ont toutes échoué.

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