La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

XOTES SUR LE MOUVEMEKT COOPÉRATIF EN FRAXCE 409 parlait gucre encore, en cc moment, de Socii'.:tés coopi'.:rati\'Cs de consommation. Plus de deux cents Socii'.:ti'.:s e créércnt en 1848. Aujourd'hui, en faisant une froide nomenclature de ces Sociétés, on arriYe à constater qu'elles ont disparu presque entièrement (1). Douze a peine a,·aient pu subsister trois ans après. C'est sous le second Empire que se manifesta la deuxième poussée vers les idi'.:cscoopèratiYcs. On sait que ::--JapoléonIII - la sincérité nous oblige à inscrire ce nom- s'était occupé longtemps de questions sociales. C'est sous son influence et non sous la pression des idées révolutionnaires que, Yers 1863, se dessina cc mou,·cmcnt vers les idées mutucllistcs et coopératiYcs. Cc mou,;emcnt, il faut le reconnaitre, était plus profond que celui de 1848 (2). Ces idées étaient entrées un peu plus dans l'esprit des masses; aussi faut-il faire remarquer que la proYince s'associa fortement au mouYcmcnt qui était parti de Paris. La coopfration embrassa a la fois la production et la consommation; elle s'i'.:tendit même jusqu'aux institutions de cn'.:dit. Malgré tout, .k souftlc qui dcYait l'animer lui fit défaut, et on est obligé encore d'enregistrer un cchcc. Cc fut pourtant un échec moins profond que celui de 1848. Le mouYcment coopératif du second Empire a laissé quelques traces aprés lui. Quelques Sociétés de consommation étaient tres Yiablcs. Quelques-unes même sont encore aujourd'hui très prospères. ".\ous faisons ici allusion à 1~ Société du dix-huitième arrondissement de Paris, et à la Socicté de Puteaux, qui porte le nom de la Rweudicatio11. Après les désastres de 1870, la France a\'ait d'autres plaies a soigner que celles qui résultent des conditions désastreuses faites aux traYaillcurs par la matwaisc organisation de la socicté : aussi constatet-on un léger mouYemcnt d'arrêt. C'est en 1876 et 1877, lors de la rfonion des congrès ou\'ricrs de Paris et de Lyon, que se produit le troisième mouycmcnt ,;ers les idées de coopération. Le parti socialiste français, amputé par la sanglante n'.:prcssion de la Commune de tous ses éléments réYolutionnaires et internationaux, n'était dirige que par des hommes modérés. Il revenait aux traditions pacifiques et associatio1111istes des Yicux chefs d'école de 1848, que les jeunes gens d'aujourd'hui appellent ironiquement les vieilles barbes de 1848. A l'unanimité, les deux premiers congrès se prononcèrent pour l'organisation des Sociétés coopérati,·cs. La sixiemc commission du congrès de Paris concluait ainsi dans son rapport : A l' 1111aui111ité, citoyeus, voire co111u1issi0s1'e1st prono11céeu faveur de l' associatio11coopéra- (r) Yoir cependant la Revue Socialiste, de décembre 189+. Une Utopie socialiste, par Henry VaudCmont. (2) Et. Lamy. Études s,,r le uco11d Empire. Paris, 1895, in-8 (Ch. I". L'Empire et les ouvriers, pages 1-130).

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