La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

MOt;\'EMEKT SOCIAL 373 La conférence n'a pas dhié de cette ligne, et toutes les tentatives faites pour toucher, même indirectement, à la liberté des l!tats, ont été é.:artées. Les puiss,mces dt:ëident de concert si le litige sera dfféré à b Cour. Elles ne le font du rc,te qu'en ordre subsidiaire, au cas où elles n'ont pu arranger le différend par les voies amiables proprement dites et, dans ce cas même, pour autant qu'elles s'accordent à le \'Ouloir. L.t diffi.:ulté des « cas résen·és » est résolue dans le sens de la plus large indépendan.:c laissée aux Étais. Il est loisibic à ceux-ci soit de recourir exclusivement ,1d·,1utres movens de solution que l'arbitrage, soit mémc d'instituer telle autre forme d'.1rbitrage qui leur agrc:e. Le projet ne fait que leur ménager LK.:ès d'une juridiction stable constituée par cux-m<:mes et toujours ou,·erte à la solution de leurs contestations. Il importe d'insister sur cc point, parce que telle est bien la pensée inspiratrice et tel est le trait caractéristique de l'œuvrc étiborée par la conférence. ITALIE L' Afriqu,· el lessocialistes. - Sous cc titre, nous recevons la correspondance suivante c.k notre ami ~Iomigliano : On ne parle que de l'Afrique chez nous, comme au temps d'Annibal. Be,1ucoup de nos ad,·ersaires, faute de mieux, accusent les sociafütes de manque de p,1triotis111ep, arce qu'ils ne poussent p.1sle cri: Ddmda Abyssi11ia! On oublie que Charles Pisacane, le plus n:nommé des socialistes italiens, a \'ersé son sang pour l'indépendance de son pays .. \prés un combat héroïque, .i l'ile de Ponza, il a été n1.1,sacrépar les agents des Bourbons. C'est pour cela que \'ictor Hugo Je plaça plus haut que Garibaldi; il a payé de sa vie l'amour pour ia patrie. Les socialistes italiens, ainsi que les socialistes de tous les pays, n ·acceptent la guerre que dans le cas où il s'agit de combattre les tyrans, soit nationaux, soit étrangl!rs. Et pourtant, des journalistes vendus voudraient exciter contre nous la haine populaire, parce que nous nous refusons de pousser aux nouvelles guerres puniques que dés farceurs, déguisés en Scipions, sont en train de nous prcparcr. Cependant, k peuple, qui tra,·aille et qui paie de son sang la folie des autres, e>1awc nous. Après la déb:kle de Amba-Gurimma, un cri d'indignation souleva toutes les poitrines. Partout, de Palerme à Milan, le peuple, d'une façon bruyante qui troublé peut-être le sommeil des privilégiés, a manifesté son opinion : Assez de sang, assez d'argent pour l'Afrique! Un dcmi-sii!cle ne s'est pas encore écoulé depuis que l'Italie, s'de,·ant à la dignité de nation, a démontr<: par son exemple le droit de tous les peuples à la liberté; aujourd'hui, égarée par un tas de fous atteints de folie morale et intellectoelle, elle ne fait que conspuer la mission que Mazzini et tant d'a~tres illustres pen,eurs lui aYaicnt assignée. La partie la plus stupide et la plus criminelle de la bourgeoisie pousse à

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