366 LA RE\'UE SOCIALISTE Sur la scèm: d'un thè.itrc lyrique ou à !'Opera, son succès aurait t'.té plus Yif et plus franc. il[ais le th.'.::ître lyrique, dont la nécessité se fait pourtant sentir, chJqnt.: jour, plus grande, est toujours à l'état de projet, et !'Opéra ne peut montt.:r toutes les œuvrcs intéressantes qui sont produites, si absorbé déjà par les nombreux chefs-d'œuvrc de son magnifique répertoire. ):otre .\cadémic de musique doit être, en effet, le tempTe de tout cc qui a été composé de beau et de grand, dans tous les styles et par toutes les écoles. Son rôle est <l'être pour la musique cc qu'est le LouHe pour la peinture ct la sculpture, superbe musée des productions musicales, ot1 les auditions <lcs belles œuHes <les maitrcs puissent permettre de suiHc la magnifique él'Olution de l'art lyrique, d'étudier son histoire p,u la comparaison des <li\·erses manières et <les différentes méthodes de conccption et dt.: facture, qui toutes procèdent intimement l'une de l'crntrc dans une admirable et suggestiYe progression, depuis les simples et délicates compositions de Rameau jusqu':rnx prodigieux monuments de Berlioz et de \\'agner. Dans cet ordre d'idées, je suis de ceux qui ont applaudi à la résurrection dc la Ftn•orile, ouHage plutôt <l'inspiration émue que de profonde science, mais qui peut être considéré comme l'un des plus purs chcfs-d'œuHe du romantisme italien. Cet opéra est, en effet, :i sa place sur notre première sccnc tyriquc, tout autant que Don ]11111F1,rcysclmt;;_G, 11il/a111T11elel, Faust, Aida, T111111ba11ser, La /f'alkyrie, comme le seraient Alceste,Fidelio, Les Troyens ou les _\!aitrescb1111/eurs. Il faut le prendre tel qu'il est, aYec ses dUauts et ses qualités; <l'ailleurs, ses tendres romances sont populaires, et il ne faut pas médire <letous Cl.!S airs gracieux qu'ont murmurés, tant <lefois et depuis si longwmps, les jolies lèvres des Jenny ou des Lisettc chantant leur gaité et leur jeunesse dans les chambrettes ensoleillées, sous les toits oü jasent et répondent lcs pinsons jaseurs. La Fai•orilc est accompagnée par Coppelia, le <lelicat ballet de Léo Delibes, bijou musical :i la ciselure fine, plaisir des yeux et raYissement dt.:s oreilles, parlant aux sens p.u la gracieuse légcreté des danses, la Yoluptueuse floraison des femmes, le chatoiement des étoffes et <les lumières, pènétrant au cœur par la douce suavité des mélodies lt b fraichtur 6panouic th: l'orchestration. La musc de Dclibcs était soignée, él6g:mtc, distinguee, charmeuse; clic était <l'esprit bicn français, comme celle d'Ambroise Thomas, qui \'Îcnt de mourir comblé de tous les honneurs, entouré de tous les respects. L'œuHe de cc compositeur heureux est celle d'un tranilleur
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