La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA RE\'t:E SOCIAI.ISTE REVUE DES REVUES Philosophie et Littérature Les d.'.:couvcrtes sont choses rares, aussi at-Je regretté Je n'aYoir pu, le mois dernier, signaler celle que proclama récemment ;\!. Y,·es Guyot. Les débats des philosophes sur la conception Ju devoir sont Yenus aux on:illes Je celui-ci; tant d'efforts et depuis tant d'anni:cs lui ont donnc de la pitic. Il a \'Oulu, lui aussi, apporter au problème sa solution, et cc n'est pas sans une certaine ironie à l'égard de ses devanciers qu'il nous l'affirme définitive. Ilien dcs penseurs a,·ant lui, il est nai, s'étaient, à tr,wers les siècles, efforcés de donner une raison d'être aux régies de notn; conduite; mais, je rnus en prie, quelle foi avoir en des hommes, fussent-ils des ~.'.:nics, qui ne sont point économistes? Encore ;\I. Yves Guyot conscnt-il avec bienYcillance à excuser particulicn:ment « Socratt:, .\ntisthcne, Platon, Aristote, Épicure» : cc sont de bien vieilles gens, puis, ils Je,aicnt être peu documentés et l'on comprend qu' « ils se soicnt borni:s à quelques prescriptions qui ont peu varié à travers les .Jivcrscs ci, ilisations : faire du bien à autrui, contenir ses passions, honorer ses p,trents, respecter les autres». ;\lais, il ne s'agit plus de ces vieillc\ sornettes : ;'-.!. Y,·cs Guyot est venu. Qu'importent les règles de la morale, si nous en ignorons le fondcmcnt, le « grand ressort », t.:t c'cst cc « grand ressort » que le directeur du Siècfr vient Je décounir et Je mettre ;\ nu (:-.lot:YELLEREYt:E, I"' j:uwier 1896). Cette merveilleuse force, cc principe qui justifie nos actes et donne ,i nos ré5olntions une yaJeur morale, c'est simplement - nul ne s'cn ctait doutl'.: jusqu'alors, et pour cause - la concurrence.

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