La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

35.J LA REVUE SOCIALISTE rachat sont déposés .. \ cc moment, la situation de la plupart des Compagnies, et surtout de !'Orléans, ctait telle que l'État pouYait s'emparer à bon compte de la plupart des réseaux, racheter !'Orléans sans bourse délier, aYec un bcnc/icc annuel de 2,500,000 francs. On laisse echapper cette occasion unique et on conclut les conYCntions, sous le prctexte, démontré faux par Rouanet, que les finances du pays ctaient alors dans une situation critique, que l'État ne pouYait emprunter à un taux a,·antagcux pour construire les nom·elles lignes. Or, la Compagnie du ::--lord,qui est trcs prospere et ne recourt pas à la garantie d'intcn'.t, paie o fr. 50 de plus d'intérêt pour cent. que les Compagnies besogneuses qui empruntent avec la garantie de l'Etat. De plus, à cc moment, les Compagnies pouYaicnt être mises en dcmeure de construire immédiatement 2,000 kilomctrcs de voics ferrées concédés depuis longtemps. li n'était donc pas nécessaire de conclure les conYcntions. :--lais, dit le rapporteur Darlan, les Compagnies ont rembourse à l'État 550 millions de dettes. Premi.:rc remarque, la dette des Compagnies s'elcYait à 800 millions. Sous des formes diYerses, l'État renonce à une partie de sa <lette, mais il reçoit, dit-on, un remboursement effectif de 550 millions. Oui, mais en Yertu du mi'.:canisme même des conYentions, c'est l'État qui paie aux Compagnies l'intt'.:rêt de 550 millions qu'elles ont empruntes pour rembourser l'État. :--loyen commode de payer ses dettes! En rcalitc, l'État est dans la même situation que s'il aYait emprunté les 5 50 millions au public, puisqu'il en paie l'intérêt. Cc remboursement est donc une « mystification ", scion l'expression de l'orateur. :-fous ne pou,·ons, on le comprendra, rcsumer tous les détails d'une discussion aussi complexe; signalons cependant deux autres points importants de l'argumentation de notre ami : Au moment de la discussion des conYcntions, les frais de publicité faits par les Compagnies montent subitement de 127,000 francs à 407,000 francs, et nous apprenons qu'entre autres feuilles Yendues le Temps et les Débats touchaient chacun une annuité de 72,000 francs, pour défendre les intén'.:ts des seigneurs féodaux de la voie ferrée. illais Rouanet termine par l'annonce d'une véritable décOtl\'erte: il prouve « que dans le rapport de M. Rouvicr, en 1883, la partie la plus importante, la partie essentielle de la con\'Cntion conclue aYec la Compagnie d'Orléans a été rédigcc, non pas par M. RouYicr, mais dans les bureaux de la Compagnie d'Orleans, et que c'est J-1. Raynal qui la lui aYait transmise ». Cette constatation fera rèYcr les contribuables, étonnés d'apprendre que les conditions m~mcs d'un marché aussi important ont étt'.:rcdigées à loisir par une seule des deux parties en pn'.:sencc, l'autre (l'État)

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