LA QUESTIOX SOCIALE DE\"AXT !.ES CORPS ÊLt;S 353 lors de l'interpellation Cha~dcy, fut si cinglant, sa dffense des droits de la Chambre et du suffrage uni,·ersel si fière que, dès le lendemain. le Sénat se soumettait avec maunise humeur. ~lais la maunise humeur est permise :iux vaincus. Cc coup hardi :i double la popularité réelle du ministère et prom·é que, scion le conseil de Jaurès, la démocr:itie et la Chambre n':ivaient qu'i vouloir fermement pour assurer la pn:dominanc<.: de leurs volontés. La barre d'acier de la, volante sénatoriale était en toc. C'est le moment de marcher sur l'ennemi, l'enm:mi déconsidéré par une révolte puérile, par le ridicule de sa capitulation et un essai de défense des corrompus contre la tardive justice. Défaite matérielle, défaite morale, sympathie avouée pour les coquins, •c'est une banqueroute pour le St'.:n:it.Qu'on l'achc1·e en lui présent:int les trop rares projets de réforme que voter:i la Chambre. Il !es adoptera sans difficultés, comme le nlet tremblant devant la menace du maitre; 011, s'il les repousse, qu'on fasse appel :ll1 pays et l'arnrton de 1\1. \Vallon ser:i renvoyé - enferme dans un bocal d'eau-de-vie - au musce des monstruositcs politiques. Le conflit entre les deux Chambres fut l'éYcnement capital du mois de fénier. Cela commençait :i sentir la poudre; l'aggravation du conflit ne nous eùt point deplu ! La secousse eùt été forte; la Rérnlution proche, peut-être. Les plus mauvaises institutions ont du bon quelquefois ! Le commencement du mois de fénier a cté marque par la mémorable discussion relative aux conventions scélérates et it la responsabilité encourue par Raynal dans cette triste affaire. Tous les journ:iux ont constate le grand succès obtenu p:ir Rouanct, la puissance toujours croissante des facultés oratoires et dialectiques de notre collaborateur. Son discours est un excellent exposé de la question. :--;ous croyons intéresser nos lecteurs en leur prcsentant un résumé de ces fortes pages : l:i doctrine traditionnelle du parti rt'.:publicain, en fait de chemins de fer, a toujours consisté dans le maintien de la possession et de l'cxploit:ition des lignes entre les mains de l'État. l\lalgré les protestations républicaines, le principe de la concession du monopole des voies ferrces à la ffodalité industrielle et financicre fut YOt<l'.e: 10 mai 1838; en 18~8, la tradition n:publicaine est reprise; on formule un projet de rachat; mais le 2 Décembre interYient, inspiré par la haute banque menac<'.:e; les coin-entions sont prorogées par un simple dt'.:crct pour une periode de 99 ans. En 187r, les Compagnies de chemins de fer cherchent à Yoler les caisses de l'État, en exigeant, au moyen de faux, le paiement de sommes qui n"1:taient point ducs. Des que les nipublicains redeviennent les maitres, diYers projets de
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==