La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA REH;E SOCIALISTE ù peine de n'ètrc pas .'.:couté : « Prolétaires, hommes du peuple, la n'.:\'olution future ne peut C:trc radicale que si clic est faite par vous; yous seuls pouvez affranchir l'humanite; étudiez donc, apprenez à connaitre les choses par vous-mêmes, à les juger et surtout, quels que soient les systémes qu'on vous présente, ne vous prononcez jamais qu'en parfaite connaissance de cause; car c'est par le développement de votre intelligence, par l'étude de toutes les questions qui se r.ittachent à la rérnlution que vous apprendrez à vous conduire vousmêmes, que vous sauverez le monde avec Yous ! ! ! >) É\·idcmmcnt, celui qui écrit ces lignes ne veut pas s'opposer à ce que le peuple fasse ses affaires lui-même. Mais, une fois cc principe admis, il reste :\.se mettre d'accord sur la manicre dont le peuple exprimera sa volonté! Le peuple n'est pas un in,fü·idu. C'est un être multiple; pour que son opinion se forme, s'exprime, il faut qu'il discute et \'Ote. Supposez qu'un jour donné, comme en 1848, en France, par exemple, le pouvoir tombe et que le peuple soit maitre du terrain. Consentirez-vous à cc qu'un dictateur ou un gouvernement provisoire s'empare du pouvoir et fasse la loi? Voudrez-vous voir n'.:tablir les Asscmblé:es délibérantes? \'oulcz-vous, au contraire, que le peuple lui•111i111c discute et vote les lois? Celui qui a écrit les lignes que je viens de transcrire se prononcerait certainement pour cc dernier parti. Il veut donc la législation directe par le peuple. La discussion ne pouvait donc porter que sur la méthode à suine par le peuple pour la confection des lois. L'auteur des lettres que vous avez publiées a présenté sa maniérc de voir sur cc point et, je le répctc, il est à regretter que la méthode qu'il a devcloppéc n'ait pas été discutée par son contradicteur. Signé : Votre Abonn6. RiTTIXGIIAUSE);.

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