La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

;;2 LA RE\"t;E SOCIALISTE ------------------------ fasscnt clks-mêmcs les lois qui sont appc16cs à les rcg1r. Les lois, jus,1u'ici, ont éte faites soit par un seul homme, un monarque absolu, soit par dcs délégu6s du peuple ou d'une partie du pcupk, rcpr6scntants, députés, s6nateurs, etc. » Les monarques absolus ont fait des lois ù leur profit, les délégu6s ,lu peuple ont fait les lois au profit de la classe pri\'ilégiéc, au profit de b classe la plus influente, tantôt l'ariswcratic, tantôt la bourgcoisic. Le pcuple, quand il n'a· pas .;ti; dompt6 par un monarque, a ét6 trompé pJr ses prétendus mandataircs. li doit en ètrc et il en sera toujours ainsi; il y a un proYerbe qui dit:" On ne fait bien ses affaires que soi-même ». Pourquoi le pcuple ne ferait-il pas lui-mC:mc les lois qui doi\·ent le régir? Pourquoi continuerait-il à dclégucr son pou\'oir à quelques indi\'idus, d6légation qui, en fait, équirnut toujours ,\ une déposscssion? li faut, disait cct abonné, que le peupk f.1ssc scs affaires lui-mèmc, il faut organiser Lt législation directe par le pcupk. Est sun·enu un autre de \'OS.1bo1111éqsui a dit au premier : « Il ne suflit pas de mettre des mots en ayant, il ne suffit pas de Yenir parler de législation dircctc; de préscntcr un systcme Yague aprC::s tant de systC::mcs sans caractère pratique immédiat, comme ceux qui ont ét6 déj.\ présentés. Il faut au peuple du positif. Expliquez-nous nettement cc qu<: \'Ous cntcndcz par la législation directe par le peuple. :--;ous pourrons alors débattre.: cnsemblc \'Oire projet dans le Prolétaire. » En parlant ainsi, cet abonné parlait k langage.: de la raison, un langage que dcHaicnt comprendre tous les d1:mocrates. '.'-:<: pensezYous p,1s, monsieur, que si les rc\'olutions contemporaines ont aYorté, si elles n'ont produit que des résultats incomplets, si clics ont étc sui,·ies de réactions c,ccrables, c'est parce que les hommes, en général, ne saYcnt pas au ·juste cc qu'il corwient de faire pour n.:mplaccr l'1:dificc social actuel, c'est parce qu<: les démocrates eux-mêmes n'ont pas une idée tout à fait nctte de cc qu'il y a a mcttrc au lieu et place du n:gimc qui nous domine? Je sais que cc n'est pas une petite affaire de substituer à l'ctat social actuel un ordre social au sein duquel n:gn<:rait la justice, dans lequel, par exemple, les Wl\'ailleurs pour• r,1icnt Yine co11yc11ablcment, et dans lequel aussi les parasites n'absorberaient pas la meilleure part des produits du tra\'ail. :\lais précis1:mcnt parce.: que la Liche est difficile, il est du devoir de chaque homme, et surtout de chaque tra\'aillcur, d'étudier aYec soin le problC::mc à rcsoudre, de ne pas se laisser aller à des illusions, de ne pas accepter d'emblée et sans examen ks systcmcs qui se pn'.sentcnt. li faut examiner, discuter, apprécier en vue de savoir. Quand un certain nombre de travailleurs sa11ro11t cc qu'il y a à faire pour arriYcr à un état meilleur, il ne leur restera qu'à vouloir. Pouvoir alors, ne sera qu'un jeu. Ainsi interpellé sur la maniérc '

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==