LETTRES Sl:R LA LÉGISLAT!OX DIRECTE 337 « :\Ion fr.:re m'écrit que jamais l'ouvrier ne regnera », s'<'.crie ,wec énergie le jeune accusé, « si, il rcgnera ! » Et ses vœux h;1rdis, son m<'.pris pour la piti<'.des juges k conduisent pour Lkux annces en prison et peut-être à Cayenne. ;\lais les démocrates lcttr<'.s croient-ils étendre cet enthousiasme, <'11 lançant au peuple des mots d'ordre qu'il ne peut pas compn.:nJre? On ne s'explique pas la manie qui pousse les Ji.:mocr.ltes français à dt'.:baptiser la légis/11tiot1li1rccfrpar le peuple, et à la J<'.con.:rJe d<'.110minations impropres qui ne sen·cnt qu'.\ Jfroutcr bien des esprits, ,1tel point que beaucoup dt.:œux qui sont d'accord croi<.:nt sc comb,lttn:, et que, d'un ;1utre côté, c<.:uxqui sc combatt<.:nt se croient quelquefois d'accord. \'cnue d'.\llcmagne sous un nom parfaitement juste et qui ne laisse aucun doute sur l'ide:<:mêmt;, /11 légis/11/iod1i1rcclepar le p,·upfr est den:nue, sous la plume de ConsiJfrant, Je Charassin, dt.: Jknoit ( du Rhône), de Ft'.:lixPyat et sous celle d'une foule d'autres encore, /,· gouvcmc11w1tdirect du peuple par fr pl'llf>lclui-méme. . \ujourd'hui clic devient /11 pa11locr11tie, tbns un article publit'.: dans le journal I' Ilomllle, sous cc cri de guerre : « Plus de goin•,·rnrmml ! » Je vois sourire l'éminent ,-.:téran dt.: la dt'.:mocratie belge, .\1. dt.: Potter, qui ,·i.;nt d't'.:crin; deux articks intér<.:ssants sur h n<'.cessité Lks d<'.finitions <.:xactes dans toute discussion sérieus<.:. Dans un troisicme article il pourrait, pour compl<'.t<.:rson travail, se soulcv.;r contn: c-: penchant baro,1u<.: de troubkr la clarté d'idt'.:es acquises au donuine public p,1r l'invention tardive d'absurdes Jt'.:nominations. On compn:n,l que k peuple fasse de la légis/atio11directe, mais on ne comprend p.ts qu'il puissc exercer Jir<.:ctemcnt k g,H1vcr11e111ml, c'esht-din.: exi.:cut<.:r lui-mèm<.:, en masse, toutes ses d.'.:cisions. Et qud est le g1>1œa11,·111,·11/ qll(: :\1. B. Colin veut abolir. Cette Jenomination ordi11t1irmwll renferme aussi l'id.'.:e d't1dmiuis/raliù11, et il est impossible dt.: troun:r la ligne dt.: dt'.:marcation qui s.'.:pare la dernière de l'iJ.::c dt.: goU\'i.!rtH:m..:nt prise d,rns son acception /,i plus étroite. Eh bien! notre i;criYain Yeut-il abolirl'a,!ministration? Cc serait de la folie. Et s'il n'a pas c<.:tteintention, que de,·ient alors son cri Je guerre : « Plus de gouvernement! » Une exclamation bonne à t.:ffrayer de Yieilles femmes. Le mot de gouvernement vous gène, est mal sonnant, parce qu'il porte trop haut, ne vous en scn·ez plus ni pour l'affirmation ni pour la ni.:gation. Et, puisque k nom \'.'.:ncr<'d. e ~!. de Pottcr est sorti de ma plum<.:, je finirai par le rattacher à Li li.:gislation directe que l'auteur dt.: I' Ilistvir~ pbilosophiqu,:p, olitiqueel critiquedu cbristia11is111e paraît arnir pn;ssenti..: (en 1835) dans le passage sui\·ant (Introduction§ 1) : « Il faut songer à élever l'édifice sous lequel le genre humain trouvera un abri. J'y consens volontiers. ~ul ne se rangera Je mcilkar 22
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