LETTRES St;R LA LÉGISLATIOK DIRECTE 335 « les rapporls desco1111111111es c /reelles par 1111ceo111111iss1io101111111ie te111poraire111e11t à cet ef}l'I el d011tla 111issioc1e1sseraitaprès dicisio11prise ". Dans l'idée du Prolétaire, cette commission n'aurait é\·idcmmcnt pas d'autre mission que celle de préparer des mesures qui n'auraient un effet légal qu'après l'adoption par le \'Ote direct du peuple et dans chaque commune. S'il n'en était pas ainsi, la commission serait une véritable Chambre, et le Prolétaire rejette toute Assemblée l.:gislati\'c. Votre programme, monsieur, repose sur cette supposition que la commune n'a plus qu'a administrer et que tout le travail de l'organisation sociale est ache\'é; que la propriétc est transformée, que le tranil et le crédit sont organisés, que la solidarité des communes est établie; car les bases de cet immense travail législatif doi\'Cnt être jetées par l'Etat, comme je l'ai démontré par rapport a la propriété fonci.:Oredans ma lettre précédente. Cc ne serait, certes, pas \'Otre commission nommce par les communes qui pourrait élaborer d<.:sprojets de loi sur la propriété, le crédit, etc. J'ai fait voir déjà cc que valent les commissions de cc genre et il ne faut jamais perdre de vue que les élections poliliq11es porteront toujours aux affaires, non les hommes les plus sensés, les plus instruits, mais les citoyens les plus intrigants, les plus habiles dans la plus mau'.aisc acception du mot. Ajoutons encore qu'il pourrait arri\·cr que, grâce à l'indépendance de vos communes, telle ou telle commune \'Oterait, par exemple, co11trc une notn-clle organisation de la propriété, pendant que telle autre l'accepterait. Que dc\'iendrait dans cc cas l'homogénéïté des institutions sociales! Que de\·i!:!ndraicnt la solidarité, l'ordre, la paix entre les communes ! \' ous auriez l'anarchie la plus compl.:Otcdans l'organisme social, et les institutions qui diff.:Orentse font la guerre pour se détruire. Que deviendrait, au milieu de tout cela, la liberté indiYiduelle? Les citoyens seraient parqués dans leur commune, qu'il ne serait pas facile de quitter pour s'établir dans une autre. Au lieu de marcher vers la solidarité humaine, nous détruirions le peu de solidarité qui existe aujourd'hui dans chaque État. La commune indcpendante dans le sens indiqué, c'est le moyen àgc; Jepuis longtemps le monde lui a tourné le dos, et c'est justice. Cette explication s'adresse plutôt à l'un ou à l'autre de ,·os lecteurs qu'à vous, monsieur, car je suis convaincu que \'Ous ètes de mon avis? \'ous admettez que la transformation de la sociét1:, l'organisation du crédit, etc. doiYent a,·oir lieu ava,1/ qu'il soit possible de déclarer (selon \·ous) l'indépendance des communes. Eh bien! qui se chargera de cette besogne ? La fraction du peuple qui fera la n:rnlution, me dircz-Yous. A cela, monsieur, il n'y a que cette n:ponse à faire : une fraction du peuple, aprcs une ré\'Olution heureuse, peut imposer de ces choses qui ne touchent q11'euapparence ù l'organisation
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