334 LA REVUE SOCIALISTE constater son opinion dans les procès-verbaux de la séance et de faire classer ses \"Otes dans le tableau de \'Otation, cc qui est facile, puisque dans une discussion populaire il n'y aura jamais plus de deux ou trois opinions en présence. Les dissidents, isol<'.:sdans le sentiment de leur faiblesse, s'effacent toujours au milieu d'une lutte entre des milliers ou des millions. /llais à la troisième question, me dira-t-on, le peuple ne peut-il pas se décider pour l'exploitation du sol par l'État, au lieu de la confier à la co11111111ue ? Peut-t'.:trc oui ! mais, nous ne le croyons pas. Dans cc cas, l'État sera oblige d'affermer les terres aux cultiYateurs et d'abandonner la culture à la routine. J'ai avanc<'.:que le sol serait liné à la commune, parce que cela s'accorde le mieux avec la culture rationnelle restant toujours à la hauteur de la science. Ce modeseul permet d'ailleurs l'ac!ioudirec/ed11peuple dans l'cxploilaliù11du plus précieux iuslru111c11d/e travail. La solidarisation des commnnes s'organiserait, bien entendu, avec rapidité. Je pense, monsieur, que j'ai ctabli d'une maniC::reclaire et précise: que la loi peut naître librement dans l'intelligence des masses, sans qu'un gom·ernemcnt ait besoin de circonscrire cette intelligence des masses dans le c;adre étroit d'un projet de loi, fruit suspect, Yéreux du calcul intéressé de quelques privilégiés. Tout le progn:s est à cc prix. Quant à la centralisation des votes de toutes les sections du peuple, je ne la touche pas ici. \'os lecteurs doiœnt savoir comment elle s'opérera. Il me reste encore à examiner le programme de législation directe publié par le Prolélaire. Ce sera, si YOUS voulez bien le permettre, monsieur, le sujet d'une autre lettre. Recevez, etc ... Sig11é: Votre Abonné. QUATRIE~IE LETTRE, DU 4 MAI 1856 ~IOXSIEUR, Je n'ai pas l'intention de faire une critique complctc du programme de législation directe publie par le Prolélaire. Je ferai de la critique à grands traits; c'est en géncral, je pense, la bonne manière de l'exercer. Le Prolétaire Yeut l'i11dépeud111c1c1eJièrdce la co1111111111e, qui administrerait ses propres affaires par la législation directe, et qui ferait régler
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