La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

332 LA RE\'UE SOCIALISTE Les démocrates éclairés trou\'cnt que la re11/e pn'.lcYéc par le propriétaire foncier sur le peuple est un priYil.'.:gcécrasant, une injustice qu'il faut abolir. Ils se mettent en campagne, éclairant le peuple par la presse, les meetings, les clubs, par tous les moyens imaginables enfin. Ils montrent (cc qui est déjà fait par la science) que l'abolition de la rente par <le prétendues compensations et par l'impôt, qui retombent toujours comme de nou,·ellcs charges sur le traYaillcur, est une chimère et qu'il n'y a qu'une seule mesure efficace contre la rente, c'est de faire du sol du pays une propriété nationale. Nos d6mocratcs forant ensuite signer une adresse par laquelle ils demandent une nou,,cllc loi sur la propriété foncicrc. Des que cette adresse aura un certain nombre de signatures, soit cent mille, soit deux cent mille, sclôn le chiffre fixé par le peuple des différents pays pour la prise en considération, la commission cxécuti\'e, sa11s-initiative, qui forme le gouYerncment central et qui est nommée par le suffrage uniYersel, sera obligée à mettre le sujet pn:cité sur l'ordre du jour et à conYoquer, dans un délai déterminé, la nation pour qu'elle fasse acte dt législatio,1. On ne discutera pas sur un projet de loi que personne n'aura le droit de dcposcr; mais, dans chaque section, le président commencera par poser la q11estio1d1e pri11cipe. C'est la seule qui puisse nous faire arriver à une législation démocratique et lm111a11itaire, qui puisse nous faire sortir du labyrinthe que la chicane et l'oppression appellent des codes. C'est cette ,·érité qui engage les législateurs bourgeois à toujours écarter les questions de principe; ils sa\'ent parfaitement bien, qu'apres aYoir obtenu cc résultat on a beau s'occuper et s'occuper de nouYeau des questions subordonnées, que la sociétc restera toujours la même, qu'elle restera société bourgeoise. l\lais la quc-stion de principe sera-t-elle bien posée par lesprésidents de section qui seront, du reste, toujours recevables? Oui, elle le sera, d'abord parce qu'il n'est nullement difficile, pour un homme quelque peu int<:lligent, de d6gager 1111qc11estio1d1e principe et que chaque membre de la section aura le droit de réclamer, des que le prési,lcnt ne montre ni assez d'intelligence ni assez d'intégnté, ensuite parce que les hommes qui sont les promoteurs de l'acte legislatif auront eu soin de dresser un tableau des trois ou quatre questions auxquelles un sujet législatif peut donner lieu, et que cc tableau, nipandu dans toutes les chaumières, pourra gui,lcr le peuple, qui ne serait jamais embarrassi; de choisir la viritable question de principe, si par hasard chacun <les différents partis lui en recommandait une autre. Dans notre c2s la q11estio1d1e pri11cipe serait celle-ci : « Le sol du pays sera-t-il proprit!téparlirnlière 011 a/1partie11dra-t-il ti la 11alio11? " Escamotez-la donc, rcactionnaires ! lorsqu'elle aura été indiquo:e dans les sections du peuple.

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