LETTRES SUR LA LÉGISLATIO:S: DIRECTE cc que Yous Youlcz, enfin, au beau milieu de YOtrc discours le plus séduisant, l'impitoyable État YOus ordonnerait peut-être de rejoindre quelque régiment dans une Crimée de l'époque, ou il YOus ferait descendre de YOtrc tribune, en Yous donnant par-dessus le marché, le bon conseil de ne plus dire deux ou trois mots a quatre ou cinq de YOSmeilleurs amis, et cda sous le prétexte qu'il lui a plu de proclamer :'t YOtre barbe et tambour battant l'état de siège. >Jon, le temps où la commune faisait un État dans l'État, est heureusement passé pour toujours; l'idée de le faire rc\·enir est on ne peut pas plus malheureuse; clic est l'oppose de cette grande et belle idée de la solidarité uni\·crscllc, qui anime la démocratie de nos jours; aYcc clic, tout changement dans l'organisation sociale deYicnt une utopie. Si \-ous admettez (et il faut bien l'admettre) que la commune ne peut pas s'attaquer en législateur à b propriété actuelle, au crédit, a l'armée, au clergé, a l'autorité judiciaire et administratiYc, je YOUs demanderai qui se chargera de cette besogne? Sera-cc une Chambre ? J\lais YOUSla rejetez! Est-cc un dictateur? :\lais YOUsn'en Youlez pas ! Je \·ous disais plus haut que YOUSéludiez de répondre; j'ajouterai ici que Yous ètes né,rnmoins partisan de la législ:ition directe et que \"OUSayez, par cons.'.:quent, tort de reculer deYant le cc oui » que j'aurais Youlu entendre de Yotrc bouche. Si je Yous disais : Je n'appartiens pas à l'espèce humaine, - est-cc que j'en ferais moins partie à cause de cc caprice frondeur? Certainement non! je continuerais :'t être homme comme auparaYant. Permettez-moi de Yous dire quc Yous cessez tout aussi peu, malgré \"Otre dénégation, d'être partisan de la l.'.:gislation directe, cussiez-Yous méme soin de multiplier YOtrc dt'.:négation :'t l'infini. Et cela par ordre de b logique. Il n'y a pas une grande dilf.'.:rence d'opinion entre le Prolétaire et moi : cette différence ne pcnt porter que sur des dt'.:tailsinsignifiants. Vous \·oulez que le peuple s'organise lui-même dans la commune, qu'il y tranche toutes les questions d'organisation sociale. Cc n'est pas possible, si \'OUSconsidérez la commune comme fraction i11dépwda11tc de l'État, agissant sa11s lui et, en cas de besoin, même 1/ialgrJ lui. Aussi rcnonccz-Yous :'t l'i11dépmda11ce d s communes. J\lais supposons que la commune s'y prenne autrement. Supposons qu'elle dise : Je Yeux transformer la propriété, organiser le crédit, le tranil; seule je suis aussi impuissante qu'une goutte d'eau dans l'océan; mais, si je pouYais pan·enir à mettre toutes ces questions ,i l'ordre du jour, :'t les faire discuter à la méme heure dans toutes les communes du pays et :'t centraliser les YOtcs, nous serions irrésistibles, surtout si nous aYions soin de nous présen·er des dictateurs, des Chambres législatiYes, et si nous chargions tout simplement quelques hommes sans initiatiYc pcr-
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