LA REVUE SOCIALISTE Au lieu de nous liner à des recherches qui demanderaient des mois, nous n'a\·ons qu':i suivre le line de M. Cornil, sans toutefois nous astreindre ni :i tout dire ni â adopter toutes les solutions bâtardes qu'il semble préconiser, précisément parce qu'il n'est pas socialiste, et qu'il n'a guérc fait que disjoindre, pour les approuYer, quelques fragments de l'inten·entionnisme parlementaire. Et nous en aurons assez dit sur l'esprit qui anime i\l. Georges Cornil, quand nous aurons indiqué qu'il a, en passant, approtm'.: le coup de main de M. Dupuy contre la Bourse du Tra,·ail de Paris, -- qu'il a déploré la libert.'.: absolue des gréves et s'est déclaré partisan du projet Trarieux destint'.: :i la restreindre, - qu'il est opposé au mandat impératif des conseillers prud'hommes; qu'il trouYe « lri·uinl de dire que l'ounier devenu Yieux et infirme n'est fondt'.: :i réclamer aucune indemnitt'.: de son patron », - qu'il laisse au seul patron le soin d'claborer en toute puissance les règlements d'ordre intérieur des ateliers; - que dans son avant-propos il reproche :\ la magistrature cc la tendance humanitaire de sa jurisprudence » ! A l'en croire, cette propension correctrice du juge endort« la Yigilance du législateur et lui dissimule les plaies ou bosses de son œune ». C'est l:i un raisonnement du même genre que celui des révolutionnaires intransigeants qui préconisent l'abstention électorale, sous pn:texte que les palliatifs parlementaires endorment la Yigilance populaire, amènent les déceptions et reculent l'avènement de la n'.:volution justicière. A notre sens, la moindre réforme dcmocratique avance l'heure de la justice, et la moindre interprétation humanitaire d'un texte 10::gal par un tribunal avance l'heure Je son amélioration législative. Si c'est l'opinion publique qui crée aux clections les courants réformistes, c'est elle aussi qui, s'emparant inconsciemment de l'esprit des juges, leur inspire parfois une certaine interprétation atto'.:nucede la loi, notamment quand il s'agit d'accidents professionnels. ,\lors la magistrature a une tendance :i accorder plus facilement et plus scrieusemcnt des dommages-intérêts aux Yictimes ouniéres. );ous avons eu beau promener Li lanterne de Diogéne à traYers les recueils d'arrêts judiciaires, nous n'y avons guère trouvé d'autrc trace humanitaire. Quant à cette autre affirmation de M. Cornil que, pour le respect du principe de l'égalité il ne faut pas de privilège en faveur d'une classe de citoyens, partant pas de législation spéciale aux om·riers, cette affirmation n'est sans doute qu'une précaution de langage à l'intention du rapporteur du concours Rossi, M. Fernand Faure, ou bien, - :i moins d'être un contre-sens démenti pour tout le livre luimème, clic ne pelll raisonnablement signifier que ceci : les rapports
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