La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

302 LA RE\'l:E SOCIALISTE rù.1blir le bon ordre, c'est rendre au gouYCrncments.1dignité, :i l'autorité son empire, ,mx lois leurs for.:e,; c'est préparer la voie ,i l'esprit puhlic, assurer la paix :i l'extérieur, l.t ramener à l'intérieur des familles, resùtuer les talents :i leur ,-érit.1bleusage, la considération aux choses utiles et dèccntcs. Lcs ,1postrophes de :\!irabeau sont <le circonstance comme au siècle <lcrnicr. L'agiotage ne pi.'ut pas, il est nai, occasionner aujourd'hui les fluctuations cnormcs d'autrefois sur ks prix des produits alimentaires. La rapidité des communications et la multiplicité des moyens de tr.rnsport présern!nt aujourd'hui les consommateurs des exagérations qui affamaient périodiquement jadis le paune monde par les jeux dt.: Bourse sur ks denn'.:es. D'.1illeurs, la pn:sen·ation est loin d'1:tre complO::t..: on joue toujours sur les cén'.:ales, les farines et les caf.'.s comme sur les runes <l'Etat et les mines <l'or. Et, lorsque la coalition intcrnationak des capitaux s'en mêle, le prix des objets d'utilitO:: premiO::r..:,c.:omme le cuine, le pétrole, ou les cuirs, s'élé,·e artificidlcment par <les agissements coupables, sans parYenir :'t sccoucr l'indiff<'.:rence lks pou,·oirs publics en prostration hypnotique de,·ant ks immortds princ.:ipes de l.1libert<'.:commerciale. L..:s mèm<:s immortels principes autorisaient et fayorisaient, à la fin du siO::cledernicr, l'agiotage sur ks assignats, les biens nationaux et ks subsistances <les armées. Ils autorisent et farnrisent aujourd'hui l'agiotage sur les Yaleurs mobilières dont l'expansion univcrsdle et l'O::closion sans fin assurent aux plus riches la domination sur les peuples, les pn:tres et ks rois! Le commcrœ <le l'or est la base la plus large et la plus solide des opérations crimirn.:llcs de l'agiotage. Sous le régime capitaliste, aucune autre matière n'est comparable ,m pn:cieux mi:tal pour exciter les appt'.:tits lk gain et enfiévrer les r~ves de fortune. La consommation et l'usage du produit paraissent illimités. Sa ,·aleur cchappe aux <lépré- .:iations inatt..:n<lu..:squi menacent les autres marchanJbcs. L'or est l'étalon 111011.:taireacceptt'.: pour tous les .:changes commerciaux sur toute la surfaco.: Ju globe. Aussi, dés qu'il s'agit de giso.:1110.:natusrifi;res, les chiffons de papier, mis en circul.ltion pour en rcpn'.:sentcr les espt'.:ranccs ou les désillusions, JeYicnnrnt la proÎL de l'agiotage. C'est an:c les mines d'or que le jeu infernal de la Bourse, ,i propos de tout et à propos de rien, peut r..:mplir de joie et gLm.:r d't'.:pouYantc, tour à tour, les cccurs que l'appàt du gain fa.:ilc a mordus. lJnc nouYdlc ,raie ou fausse clblée de.: Johannesburg pro\'oquc à Londres et ,i Paris une hausse ou une baisse de c..:nt !r.rncs en un jour, do.:plusieurs centaines de francs en une s..:mainc sur l'action émise à ,·ingt-cinq francs. C'est la poussée délirante, ou le n.:cul affolé, d'une minute .i l'autre. Ja111.1isla spéculation raisonnable o.:t l'agiot,1go.: insensé n'.i,·aicnt eu un terrain aussi

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